‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 159 sur 250 · I. U:. ('., vil, p. 382. — 2. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. U:. ('., vil, p. 382. — 2. Ibid., p

faute de l'onction du Saint-Esprit. Il ne faut donc pas vouloir mettre l'amour au dedans par la multitude des pratiques entassées au dehors avec scrupule ; mais il faut, au contraire, que le principe intérieur d'amour, cultivé par l'oraison à certaines heures, et entretenu par la présence familière de Dieu dans la journée , porte la nourriture du centre aux membres extérieurs, et fasse exercer avec simplicité, en chaque occasion, chaque vertu convenable pour ce moment-là. Voilà, mon bon duc, ce que je souhaite de tout mon cœur, q^ue vous puissiez inspirer à ce prince, qui est si cher à Dieu. La 'piété, prise ainsi, devient douce, commode, simple, exacte, ferme, sans être ni scruptileuse ni âpre ( i ) . »

Cette lettre était une réponse à une objection que Fénelon avait apprise à Cambrai contre la méthode de direction donnée par Beauvilliers au duc de Bourgogne. Prenons congé de cette belle et noble figure, originale et attrayante entre toutes, par une dernière parole de Saint-Simon ; un éloge de cet historien, mécontent de tout et de tous, n'est jamais suspect : « Sa vertu, dit-il, sa douceur, sa politesse, tout m'avait épris de lui (2). »

La nombreuse famille du duc fut l'objet de la sollicitude de Fénelon. Mme de Beauvilliers remplit avec courage et énergie les charges de la vie. Moins brillante que sa sœur, la duchesse de Chevreuse, elle imposait davantage ; son esprit faisait oublier sa laideur. Elle parlait avec une vivacité, une finesse, une justesse, une facilité incroyables. Elle se contenait d'ordinaire et inspirait de la contrainte ; quand il lui arrivait de se laisser aller, elle vous charmait. « Les aumônes et les

Page 1