‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 164 sur 250 · I. nî. ("., VII, p. 22S d"' août · texte numérisé non relu

I. nî. ("., VII, p. 22S d"' août

célèbre communauté; il écrivait en 1709 au duc de Chevreuse : a Un coup d'autorité comme celui qu'on vient de faire à Port-Royal, ne peut qu'exciter la compassion publique pour ces filles et l'indignation contre les persécuteurs. » Cependant il comprenait que l'esprit raisonneur, appliqué de son ami était un résultat de son éducation janséniste, c'est pourquoi il lui dénonçait ces « dévots secs, critiques, dédaigneux ». Le duc n'avait ])as profité de la Logïqzie d'Arnauld. Une des remarques de ce judicieux ouvrage, c'est que la plupart des erreurs des hommes viennent moins de ce qu'ils raisonnent mal en partant de principes vrais, que de ce qu'ils raisonnent bien en partant de jugements inexacts ou de principes faux, Chevreuse était un type de ces hommes qui raisonnent admirablement, seulement le principe d'où ils partent est contestable. « On était perdu, dit Saint-Simon, si on ne l'arrêtait dès le commencement, parce qu'aussitôt qu'on lui avait passé deux ou trois propositions qui paraissaient simples et qu'il faisait résulter l'une de l'autre, il menait son homme battant jusqu'au bout (i). »

On sentait bien qu'il n'avait pas raison, mais il raisonnait si serré qu'on ne trouvait plus le joint pour rompre la chaîne. Le duc de Chevreuse, honnête, appliqué, laborieux, traitant chaque question avec méthode, s'épuisant à combiner les faits et à en tirer des inductions et des conséquences infinies, avait quelque chose du doctrinaire et du statisticien tout ensemble : avec beaucoup d'esprit, de mérite, de capacité et de connaissances, il n'arrivait qu'à être un bo)t esprit faux.

Fénelon fait tout pour corriger le duc de ce péché intellectuel et pour l'en guérir : « Je crains toujours beaucoup votre pente excessive à raisonner. Elle est

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