Nous croyons l'avoir prouvé
LE DUC Oli BOURGOGNE 2<)l
La guerre de la succession d'Espagne mettait encore une fois aux prises la France et l'Europe ; triste campagne, longues souffrances. L'étoile du grand roi pâlissait. La fortune trahissait le courage et la grandeur.
Le duc de Bourgogne désirait fort aller à l'armée; Fénèlon l'encourageait à demander cette faveur au roi. Le précepteur l'avait formé pour l'action, l'élève devait agir, montrer ce qu'il pouvait faire, secouer cette sorte de timidité qu'on avait déjà remarquée. C'est à cette 'époque que Fénelon'lui écrivit cette lettre d'un si beau et si ferme langage :
« Enfant de saint Louis, imitez votre père; soyez comme lui, doux, humain, accessible, aftable, compatissant et libéral... La vertu ne perce point la foule, elle na ni avidité, ni empressement; elle se laisse oublier. Ne vous laissez point obséder par des esprits flatteurs et insinuants; faites sentir que vous n'aimez ni les louanges, ni les bassesses... Le royaume de Dieu ne consiste point dans une scrupuleuse observation de petites formalités; il consiste, pour chacun, dans les vertus propres à son état... Un grand prince ne doit pas servir Dieu de la même façon qu'un solitaire ou qu'un simple particulier. Saint Louis s'est sanctifié en grand roi. Il était intrépide à la guerre, décisif dans les conseils, supérieur aux autres hommes par la noblesse de ses sentiments, sans hauteur, sans présomption, sans dufeté(i). »
En 1702, le roi se rendit au désir de son petit-fils et lui confia le commandement de l'armée de Flandre sous la direction du vieux maréchal de Roufflers. Le jeune