I. Cratuic Encyclopédie, .irt. Fénelon
LE Dl'C DE BOURGOGNE 32 1
on ose blâmer Fénelon », a dit D. Nisard. L'a-t-il été assez lui-même, quand il a osé lui attribuer cet odieux, calcul d'ambition : « Fénelon, qui, toute sa vie, désira d'entrer dans le .j^ouvernement, se flattant, non tout haut, non avec l'indiscrétion d'une ambition grossière, mais discrètement, peut-être en se le reprochant, c^u'il régnerait quelque jour... »
Ni les actes, ni les écrits de Fénelon ne justifient cette accusation. Ordonné prêtre, il pense à partir pour les missions du Levant et à fuir ainsi les honneurs auxquels sa naissance et ses brillants talents n'auraient pas manqué de l'élever dans la carrière ecclésiastique. Ce n'est pas là de l'ambition. Pour expliquer ses hautes relations à la Cour, il suffit de rappeler ses qualités personnelles. Son dernier historien, M v.Crouslé, qui est un juge sévère, nous les énumère en quelques lignes (i). a Toutes les personnes qui pouvaient être consultées par le roi, connaissaient son mérite extraordinaire, sans qu'il eût compromis son caractère par de vulgaires intrigues. Si l'on cherche à se représenter l'idée que les personnes en état de l'apprécier devaient alors se faire de cet homme rare. C'était un esprit d'une étendue surprenante, fécond, flexible, sublime, gracieux, plaisant ; un caractère enchanteur dès le premier abord, en qui l'on découvrait ensuite une gravité, une sévérité, une hauteur inattendue ; un personnage saint par ses mœurs, par sa dévotion enthousiaste, par ses théories mystiques ; lequel se trouvait en même temps tout à fait homme de qualité, et esprit fertile en vues d'administration et de politique (2). » Tout en rendant justice aux brillantes qualités de Fénelon, cet écrivain laisse