‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 209 sur 250 · IJ". VIDAME D AMII'NS · texte numérisé non relu

IJ". VIDAME D AMII'NS

de la grirde dont il était capitaine : « Marche à moi! » leur dit-il, et, les entraînant, il perça à leur tète une lig-ne de cavalerie ennemie et une autre d'infanterie dont il essuya tout le feu, mais qui s'ouvrit pour lui donner passage (i).

Nous n'avons pas la lettre de Fénelon le félicitant de ce glorieux fait d'armes. Le pieux archevêque n'aimait rien tant cjue l'action; sa direction n'avait rien d'incompatible avec la vie des camps. De quelle douce joie ne dut-il pas tressaillir en apprenant que son élève spirituel s'était conduit en héros!

Dès les premières années, Fénelon l'avait engagé dans la voie véritable : « Ne craignez point les ennemis qui se déchaînent. Leurs discours n'ont rien que de méprisable; méprisez-les : ils vous estimeront bientôt. Soyez simple et vrai ; doux, modéré, commode, appliqué à tous vos devoirs, réservé pour l'essentiel, sans affectation ; chacun se taira bientôt et vous fera justice (2).., Soyez gai, lui écrit-il plus tard, commode, compatissant aux défauts d'autrui et appliqué à corriger les vôtres, sans vous flatter et sans vous impatienter dans ce travail (jui recommence tous les jours. Faites honneur à la piété en montrant qu'on peut la rendre aimable dans tous les emplois 1 3 1. »

Le vidame avait suivi les conseils du maître : mais il ne comprenait pas les épreuves de la vie spirituelle. Il s'en prend à lui-même, il va devenir malheureux. F"énelon le reprend doucement et lui dit cette bonne parole qu'il suffit de vouloir aimer : « Pour nos exercices de piété, je ne vois que deux choses : l'une est de souffrir en paix l'ennui, la sécheresse et la distraction, cjuand Dieu l'envoie : alors elle fait plus de bien que toutes les

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