‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 21 sur 250 · I. Lettres, VI, p · texte numérisé non relu

I. Lettres, VI, p

lO FENELOX DIRECTEUR DE CONSCIENCE

rompait son sommeil pour prier ; l'évêque la blâme : « il ne faut pas accabler l'esprit à force de travailler le corps. Il ne faut pas se détraquer comme cela, notamment les femmes, car après on ne vaut rien tout le long du jour. » — «Manger peu, dira-t-ilà la Mère Angélique, travailler beaucoup, avoirbeaucoup de tracas d'esprit, et refuserledormiraucorps, c'est vouloirtirerbeaucoup de services d'un cheval efflanqué et sans le faire repaître (i) ».

Mme de Chantai avait besoin de cette direction ; aux chagrins du dehors s'ajoutaient les tourments les plus terribles du dedans. Son âme luttait contre les plus dangereuses tentations ; son amour de Dieu se ralentissait ; la foi semblait l'abandonner. François, comme tous les directeurs, tremblait devant cette conscience timorée. Dans ces situations difficiles, le directeur doit ou détourner l'attention de la patiente sur un autre objet, ou lui montrer que la question n'est pas si importante qu'elle le suppose. Mme de Chantai aurait des pensées d'infidélité à l'égard de Dieu, de blasphème ! c'est le démon qui les inspire : « Il faisait comme cela avec Job, avec saint Antoine, avec sainte Catherine de Sienne, et avec une infinité de bonnes âmes que je connais, et avec la mienne qui ne vaut rien et que je ne connais pas. h^h quoi ! pour tout cela, ma bonne fille, faut-il se fâcher ?.., C'est bon signe qu'il fasse tant de bruit et de tempêtes autour de la volonté : c'est signe qu'il n'est pas dedans. »

Les tentations reviennent : méprisez-les. « V^ous y pensez trop, vous les craignez trop, vous les appréhendez trop : elles ne vous feraient nul mal sans cela. Vous êtes trop sensible aux tentations... Non, non, ma fille, laissez courir le vent et ne pensez pas que le frifrilis des feuilles soit le cliquetis des armes ' 2). »

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