‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 215 sur 250 · MADAME DE GR AMONT · texte numérisé non relu

MADAME DE GR AMONT

avait été soio^née, (|ue la Cour avait quekiue ]:)eu dissipée et qui voulut un jour se ressaisir ; il semble bien cjue les résultats furent heureux et que Fénelon contribua à l'assagir et à fixer sérieusement dans son esprit de sérieuses idées chrétiennes.

Le chang-ement ne fut pas miraculeux ; (jui s'en étonnera? Ce n'est pas après une longue habitude de vie d'amusement que l'àme redevient, sans effort ni persévérance, à la paix chrétienne. Elle en fut avertie, dès le début : « Vous avez beaucoup à craindre et du dedans et du dehors. Au dehors, le monde vous rit, et la partie du monde la plus capable de nourrir l'orgueil donne au vôtre ce (]ui peut le flatter, par les marques de considération que vous recevez à la Cour. Au dedans, vous avez à surmonter le goût d'une vie délicate, un esprit hautain et dédaigneux, avec une longue habitude de dissipation (i). »

Il conseillait, comme remède, de sauver chaque jour quelques moments pour la prière et pour la lecture, ne fut-ce qu'une demi- heure le matin, qu'un demi-quart d'heure pris sur les embarras et bien ménagé, tout est bon. Dans la vie la plus envahie, il y a des instants d'intervalle. En homme pratique, Fénelon rentre dans (quelques détails de la vie, tant il aimait à ne pas laisser ses conseils indécis et flottants. « En faisant semblant de s'éveiller plus tard le matin, et le soir d'avoir quelque lettre à écrire, on se débarrasse, «t les affaires véritables n'en vont pas moins bien (2). » C'est ainsi qu'on . répare à la hâte les brèches que le monde a faites. Le silence lui paraît un grand remède, surtout dans les moments qu'on ne peut dérober au monde. Cette femme d'esprit, qui charmait la Cour, digne de son frère Hamilton pour les grâces mocjueuses, pour l'ironie fine,

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