Œ. C, VIII, p
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pour VOUS mortifier. La mortification, qui vient de l'ordre de Dieu, vous sera plus utile que la douceur de la prière qui serait de votre choix et de votre goût... Aimer, se taire, souffrir, agir contre son. goût, pour accomplir la volonté de Dieu en s'accominodant à celle du prochain, voilà , Madame , votre partage . Trop heu reuse de porter la croix que Dieu vous donne de ses propres mains dans le cours de sa providence ! Les pénitences que nous choisissons, ou que nous acceptons quand on nous les impose, ne font point mourir notre amour-propre, comme celles que Dieu nous distribue lui - même chaque jour (i). » Il répète souvent la même pensée; c'est une des erreurs les plus communes et les plus trompeuses que le choix dune forte pénitence est préférable à ces mille petits ennuis de la vie et nous est plus profitable. On voit des femmes porter le cilice et montrer une humeur chagrine dans leur intérieur, des chrétiens prier longtemps et ne pas supporter un voisin importun, des personnes pieuses ne pas tarir en critiques prolongées des défauts d'autrui. a Portez, dit Fénelon, toutes les peines de votre état, qui est plein d'embarras et de sujétions, en esprit de pénitence ; c'est là la pénitence que Dieu vous donne, bien plus sûre que celle que vous choisiriez vous-même. »
Il y a un autre écueil. « \^ous avez plus de besoin d'être mortifiée que de recevoir des lumières. » Ces lumières de religion, il sait bien que la comtesse les a reçues dès son enfance dans le monastère où elle a été élevée; elle a plutôt besoin, en revenant du monde à la religion, de ne point chercher à exceller, ni à être merveilleuse dans un autre sens : « Ce que je vous souhaite le plus est la petitesse et la simplicité d'esprit. |e crains pour vous une