‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 219 sur 250 · I. (i:. ('., VIII, p · texte numérisé non relu

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MADAME DÉ GRAAfOXT 345

dévotion lumineuse, haute, qui, sous prétexte d'aller au solide en lecture et en pratique, nourrisse en secret je ne sais quoi de grand et de contraire à Jésus-Christ enfant, simple et méprisé des sages du siècle. 11 faut être enfant avec lui. Je le prie de tout mon cœur, Madame, de vous ôter non seulement vos défauts, ma's encore ce goût de grandeur dans les vertus, et de vous rapetisser par grâce (i), »

C'est à Mme de Gramont que Fénelon envoyait ce charmant portrait de la vraie piété. « La sincère vertu est simple, unie, sans empressement, sans mystère : elle ne se hausse ni se baisse : elle n'est jalouse ni de réputation, ni de succès... Prenez-la, laissez-la, elle est toujours la même. » La comtesse avait devant elle un beau tableau, elle n'avait qu'à l'imiter. Il n'y a. rien dans ces lettres qui ne paraisse excéder ce que le bon sens délicat du directeur chrétien le plus éclairé peut conseiller et prescrire.

Les mortifications de divers genres ne manquaient point à Mme de Gramont 121 ; ce qui la toucha le plus intimement fut une peine plus secrète qui frappait la personne et la beauté. Elle n'était plus jeune, elle n'était plus belle. Elle le disait, sans doute, mais elle avait encore de beaux restes et elle en jouissait encore tout bas, comme un vaincu généreux qui sait se faire respecter même en se retirant. Or, voilà qu'une disgrâce terrible vient la saisir au front; son visage se couvre de rougeurs ; des dartres (puisqu'il faut les appeler par leur nom) viennent l'éprouver : « Dieu vous a donné, lui disait Fénelon, une rude croix par le mal que vous souffrez. Il est opiniâtre, il est doulou-

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