I. Œ. C, VIII, p
était devenue incurable. Tout au moins montra-t-il encore, et dans cette occasion plus qu'ailleurs, ses brillantes qualités de directeur; jamais moraliste ne découvrit mieux les causes cachées de cette agitation de l'âme, n'appliqua mieux les palliatifs, seule ressource des cas désespérés; jamais prêtre ne déploya plus de patience, plus de condescendance envers une âme timorée et pusillanime. Il y a jusqu'à deux ou trois billets, datés du même jour.
Elle ne savait pas «garder une juste mesure dans le service de Dieu : elle eût volontiers pris sur son sommeil pour augmenter son temps d'oraison.
« Dormez autant que vous pourrez, lui répond Fénelon, votre corps en a besoin, et vous ne devez point y manquer par avarice d'oraison. L'esprit doraison fait quitter l'oraison même, pour se conformer aux ordres de la Providence. Pendant que vous dormirez, votre cœur veillera. Dans le temps des insomnies, ne rejetez point la présence de Dieu; mais ne l'excitez pas au préjudice du sommeil 1 1 . »
Malade, elle eût volontiers aggravé son état pour remplir un devoir de religion : « Puisque vous êtes faible. Madame, reposez-vous et ne sortez point... Si vous sentez que votre langueur ne vous permette pas d'aller demain à la messe, renoncez-y bonnement. Souvenez-vous cjue si saint François de Sales était au monde, et qu'il fût votre directeur, il vous défendrait d'y aller en ce cas. 11 ne vous le défend pas moins du paradis (2). »
Elle voulait répéter ses confessions; elle se tourmentait de ses péchés passés, elle ne souffrait pas (ju'on communiât sans s'être confessé de nouveau. Les personnes timorées n'ont jamais la conscience assez