‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 228 sur 250 · I. Marc, X · texte numérisé non relu

I. Marc, X

36u FÉNELON DIRECTEIR DE CONSCIENCE

L'état du monde avec sa vie de quelques heures, si aoitée et si tourmentée, est bien digne du mépris que lui vouent les âmes des cloîtres. Fénelon a merveilleusement exprimé cette idée .: « Le monde entier n'est rien, parce que tout ce qui est mesuré va finir. Le ciel, qui vous couvre par sa voûte immense, est comme une tente, selon la comparaison de l'Ecriture (i) : on la dresse le soir pour le voyag-eur et on l'enlève le matin.. . C'est donc une pitoyable erreur que de s'imaginer qu'on sacrifie beaucoup à Dieu, quand on quitte, le monde pour lui : c'est renoncer à de vrais maux, déguisés sous une vaine apparence de bien... D'ailleurs ce monde, si vain et si fragile, est trompeur, ingrat et plein de trahisons. O combien dure est sa servitude ! Enfants des hommes, que ne vous en coùte-t-il pas pour le flatter, pour tacher de lui plaire, pour mendier ses moindres grâces ! . . . Oh ! si je pouvais traîner le'monde entier dans les cloîtres et dans les solitudes, j'arracherais de sa bouche un aveu de sa misère et de son désespoir. Hélas ! va-t-on dans le monde l'étudier de près dans son état le plus naturel : on n'entend dans toutes les familles que gémissements de cœurs oppressés! 2). »

Ce tableau si sombre est vrai ; les confidences quotidiennes ajoutent un trait de plus à cette forte peinture.

Cependant la démarche du religieux est héroïque. Le Christ le savait bien, cjuand il disait qu'il n'était pas donné à tous de comprendre , sa parole (3). Ce jeune homme, dont les pensées et les désirs étaient droits, cjui observait les commandements sans en violer un seul, entendant cette parole : « Va, vends ton bien, donnes-en le prix aux pauvres et suis-moi (4) », devint soudain triste et s'éloigna sans mot dire. Renoncer au droit de ])roi)ricté, se faire pauvre librement est

I. Job, XXX VI, 2Ç). — 2.Œ.C".,V,p. 085. - 3. Mat th.,. MX, ii. — ^.Jdid., \h.

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