Lettre 17. Éd. Migne
-3. Lettre -ô.
l8 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSCIENCE
leurs décourag'ements dans la voie difficile de la perfection. Avec quelle habileté, il met le baume sur ces blessures de Tamour-propre (i). Fidèle aux préceptes de l'Évangile, que la croix et l'humiliation sont la nourriture des amis de Dieu, M. Olier enseig-ne la nécessité des croix, leur mérite, leur valeur, il prépare ainsi les âmes à l'austère jouissance de la mort à soi (2).
A la vérité, nous ne trouvons pas chez M. Olier ces fines études de psychologie humaine que nous verrons si complètes chez Fénelon. Le pieux archevêque de Cambrai s'arrête devant les mystérieuses facultés de la divinité, il adore Dieu inexplicable dans la condition de notre nature faible et humiliée, mais il saisit mieux que M. Olier les causes de nos maladies morales par la connaissance rationnelle de lame humaine. Tous deux cependant ont puisé à la même source de vie et il serait intéressant de les rapprocher.
Fénelon, l'ami et l'enfant de Saint-Sulpice, avait reçu de son maître Tronson les ouvrages de M. Olier; il trouva dans ces pages un aliment à sa piété. Telle lettre sur le pur amour (3) et telle autre sur l'état de sécheresse, préféré à l'état de consolation (4), ont dû impressionner vivement la jeune âme du pieux séminariste. Qui sait si l'archevêque de Cambrai n'a pas trouvé à Saint-Sulpice même le principe de ses plus belles pensées sur l'amour de Dieu.''
Saint Vincent de Paul est surtout connu et glorifié par les merveilles de sa charité; mais son influence sur les esprits du XVII^ siècle est considérable.