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I. Saint Bernard, serm. LXXXIII, in Cant

vent d'humbles et ferventes femmes en ont une expérience plus délicate et plus étendue; la vie que l'on mène au Carmel, à la Visitation, les sacrifices (ju'il a fallu subir pour y entrer, l'àme qu'on y vient offrir à Dieu, àme plus apte à la contemplation que celle de l'homme; sans doute aussi une récompense promise aux héritières des femmes qui, dans l'abandon de tous les disciples, osèrent suivre Jésus-Christ justju'cà la croix, autant de causes d'un fait évident et cjui s'est produit souvent dans l'histoire. Les plus g-rands mystiques se trouvent dans la solitude des cloîtres. Qui comprendra ces joies, s'il ne les a senties? il faudrait voir à nu ce cœur de vierge tout entier absorbé dans les contemplations du Ciel, cette àme de femme tout embrasée des plus purs désirs, ce visage divin transformé aux brillantes clartés d'en haut. « Son regard éclairé par une lumière miraculeuse, raconte le pieux biographe de Sœur Catherine du Carmel, découvrait en toutes choses une telle plénitude de Dieu, c}ue la vue d'une fourmi suffisait pour le ravir; elle entendait de délicieuses harmonies : les saints descendaient pour l'entretenir des joies de l'heureux séjour où habitait déjà son cœur; souvent elle s'écriait avec l'accent d'une allégresse tendre et naïve : « J'aperçois les vierges qui m'appellent. »

La vie religieuse nécessite donc une direction spéciale. Le monde, dont le bruit ne peut arriver dans ces étroites cellules, ne comprend pas toujours ce mysticisme des âmes retirées dans la solitude. A un feu nouveau, il faut une nourriture nouvelle.

LA SQvL'R CHARLOTTE DE SALNT-CYPRIEN 36:;

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