MADAME DE LA MAISONFORT
Gobelin, Tiberge et Brisacier. Après avoir pesé les raisons contraires, examiné le pour et le contre, ils décidèrent que Dieu appelait la chanoinesse à être Dame de Saint-Louis. Fénelon ne décida pas seul cette grave question, et s'il donna un avis favorable, ces personnages pieux, savants et consciencieux, furent une garantie précieuse de la vérité.
Mme de Maintenon désirait vivement la vocation de Mme de La Maisonfort. Quoi d'étonnant ? Conclure que le jugement a été rendu par ordre ; cjue les juges écoutèrent les désirs de cette femme pour décider de la question si terrible de la vocation religieuse d'une jeune fille ; c'est méconnaître le caractère et de Mme de Maintenon et des examinateurs. Fénelon n'eût pas supporté ces transactions de la conscience, lui qui brisa sa carrière politique et mondaine, dans sa querelle du Quiétisme, par sa docilité envers le Pape et son indépendance vis-à-vis du roi ?
Voici la plus forte objection. « Dans le temps de l'assemblée, ajoute Phelipeaux (i), la Maisonfort m'a raconté qu'elle se retira devant le Saint Sacrement, dans une étrange angoisse, et quand elle sut la décision de ces Messieurs, elle pensa mourir de douleur et versa dans sa chambre toute la nuit un torrent de larmes. » C'est la preuve, dit- on, la plus convaincante que Mme de La Maisonfort fut une religieuse malgré elle.
Je voudrais qu'il fût donné à tous de lire dans le cœur des jeunes gens qui vont se donner à Dieu pour toujours. Ils verraient chacun plein de bonne volonté faire les plus grands sacrifices; celui-ci ira plein de gaieté, le front radieux, lame tranquille, celui-là, et le cas n'est pas rare, se livrera tremblant, triste et le cœur brisé. Tous deux cependant répondent à l'appel