I. Phelipeaux, Relation du Qttiélismc, tome I, p
du ciel. Pourquoi cette différence d'attitude ? cela est un fait quotidien. La question est résolue.
Sans doute le bonheur d'être à Dieu est un bien inestimable, la paix de Tàme, ce trésor du sage, sera la récompense du sacrifice de tout son être. Mais qui dit sacrifice, dit lutte sanglante, ici le sacrificateur est luimême victime, et comme par nature nous tenons à notre fonds intime, c'est au milieu des larmes que nous devons accomplir notre séparation du monde.
Quand Dieu veut se choisir d^^s amis particuliers ou des serviteurs fidèles, il les tire du monde, il leur montre la voie difficile, il les jette sang-lants sur le pavé du temple et les montre à son peuple transfigurés. Le sacrifice laisse sur le front une auréole si divine que les peuples étonnés s'arrêtent soudain, touchés par un signe mystérieux.
Le Christ n'a-t-il pas pleuré au jardin des Olives? Qui niera que son sacrifice ne fût parfait? Une sueur de sang couvrait son visage, son àme était triste jusqu'à la mort.
Fénelon rappelle à une autre novice l'exemple de la réformatrice du Carmel : « Quand sainte Thérèse fit son engagement, elle dit qu'il lui prit un tremblement continu comme des convulsions et qu'elle crut que tous les os de son corps étaient déboités. « Apprenez, dit-elle, par mon exemple, à ne rien craindre, cjuand vous vous donnez à Dieu ( i ). »
La Maisonfort pouvait pleurer sur son sacrifice; ce sont des larmes qui retombent en rosée pour adoucir les tristesses du cœur.
Nous ne la suivrons pas dans ses relations avec Fénelon. Ce fut un commerce délicieux; ces deux âmes belles et héroïques étaient faites pour se com-
I. (IC. ("., \'III, p. 4()i. — Pour le texte de sainte Thérèse, Cl. lîouix, l'/r de sainte T/iét'èse, p. 32.