‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 26 sur 250 · Ibid., id., p · texte numérisé non relu

Ibid., id., p

l'on va bien, pendant que l'on marche par des égarements (i) ». C'est pourquoi le P. Guilloré désapprouve ces directeurs qui parlent de la plus haute spiritualité aux commençants : il faut suivre le pénitent pas à pas et mener chacun selon son attrait. « Tous ne sont pas destinés à être placés dans la gloire parmi les séraphins et les premières intelligences ; il y a des degrés supérieurs et il y en a d'inférieurs. Or la différence de ces élévations se mesure par la différence des perfections oîi Dieu appelle en ce monde chacun de nous ; il faut donc dire que, puisque Dieu ne destine pas également tous les hommes à une gloire élevée, il ne les appelle pas aussi tous à une sublime perfection (2), »

Le P. Guilloré indique, avec beaucoup de bon sens, la conduite à tenir vis-à-vis des personnes qui sont ou se figurent être dans des voies extraordinaires (3) ; il faut beaucoup de discernement pour juger de l'état intime des âmes. « Je trouve, dit-il, qu'il y a de fausses précieuses parmi les spirituelles : notre siècle et les siècles passés n'en ont que trop vu (4). » Il conseille avec raison de ne pas faire écrire par les personnes, éclairées de ces vues extraordinaires, leurs lumières et leurs pensées intimes : « Ayant donc reçu le commandement d'écrire tout ce qui se passe dans son intérieur, ne vous semble-t-il pas qu'elle doit penser qu'il s'opère en elle quelque chose plus que dans les autres, à qui l'on ne donne pas de semblables ordres. Ce sont donc ces écrits qui ont malheureusement désaveuglé [s/c) cette âme, laquelle était si bien dans les précieuses ténèbres de ses richesses (5)... Sachez qu'ordinairement

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