‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 29 sur 250 · Ibid., II, p · texte numérisé non relu

Ibid., II, p

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son àme, ses pensées (i); lui obéir en tout et se laisser guider comme un enfant (2). Toutefois, le directeur ne doit point dominer, mais proposer simplement les choses. « Vous en jugerez, s'il vous plaît : car je ne prétends que vous proposer simplement les choses et vous en laisser l'.élection libre, sachant que le Fils de Dieu a retranché la domination de l'Eglise, parlant à saint Pierre, et ne lui a recommandé que la charité qui doit conduire les âmes par les règles de l'esprit de Dieu qui forme un même jugement et une même disposition intérieure dans le conducteur et dans celui qu'il conduit pour les proportionner l'un à l'autre, ut fiât œqitalitas, comme dit l'apôtre (3). »

Avec ces qualités éminentes, il nest pas étonnant que M. de Saint-Cyran ait eu une influence considérable. Il a été l'âme de Port-Royal. Ce directeur dur, sévère, fait pour les âmes fortes, avait extrait seul sa doctrine des Pères, de la Bible et de l'Evangile. L'Eglise, d'après lui, était perdue et incapable de diriger les âmes. Sans doute, il pouvait, dans une belle lettre à sainte Chantai, déplorer l'état de l'Eglise en France : « Ce que vous avez dit ensuite de cette grande ville qu'elle gaste tout est si véritable que cela passe jusques aux vérités évangéliques qui regardent la morale, lesquelles y reçoivent assez souvent de déplorables altérations (4). » C'était vrai; il ne fallait pas pour cela refuser la direction de l'Eglise et la tradition obscurcie mais solide. Ce n'était pas facile, bien que nécessaire.

Cet isolement trompa Saint-Cyran ; il pèche par excès de sévérité : « Pour moi, si j'étais allé voir un homme

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