‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 36 sur 250 · O. Douen, p · texte numérisé non relu

O. Douen, p

d'ailleurs ne sont pas fort communs (i) ». Fénelon dut soufifrir de ces excès de zèle intempestif; aussi le voyonsnous doter la maison d'un nouveau règlement (2). C'est peut-être lui qui changea la maison de Paris de telle façon que, d'après Michelet, elle « était relativement un paradis » . En province, les procédés étaienttrès éloignés d'une « charité modeste et compatissante ». Il employa, sans aucun doute, les procédés les plus louables pour la conversion de ces personnes infortunées ; il voulut les vaincre parla persuasion et les sauver ainsi des rigueurs royales. Il échoua souvent, hélas! Fénelon savait mieux que les policiers du roi, mieux que la Mère Garnier, que la conversion du cœur est l'œuvre d'une longue patience et le fruit de la grâce divine, toujours suffisante, rendue efficace par la volonté et le désir du malade. Ces femmes, blessées au cœur, résistaient intrépidement et la justice du roi impatiente devançait la patience de Dieu. Fénelon n'avait qu'à obéir; il abandonnait les personnes réfractaires au pouvoir séculier, puisqu'il n'était pas libre d'échapper à cette triste nécessité.

En lisant M. Douen, on est frappé de l'égarement de cet âge où le pouvoir civil essayait des conversions par une combinaison des moyens de la police avec ceux de la parole ecclésiastique. Encore une fois Fénelon était-il coupable ? Cet aumônier, ce directeur spirituel que M. Douen rend responsable de tout, nous ne trouvons nulle part son nom dans les actes de rigueur. Il serait juste de ne pas lui imputer des violences oii l'on ne voit pas apparaître son nom. M. Douen ne veut pas l'en reconnaître innocent ; il suffirait de demander aux aumôniers de couvents quels sont leurs

1. Crouslé, I, p. 20. — Nous suivons M. Crouslé dans cette discussion avec M. Douen : le célèbre professeur a froidement renversé la théorie ridicule du pamphlétaire.

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