Douen, p
pouvoirs sur la discipline. Un directeur spirituel dans ces maisons n'a aucune autorité sur les enfants : il confesse, catéchise, prêche, puis il laisse la supérieure diriger sa maison à sa guise.
Fénelon n'avait donc qu'à instruire, plaire et convaincre ; la Mère Garnier se chargeait de dénoncer les récalcitrants à M. delà Reynie. M. Douen ne fait donc que des conjectures; et nous savons quel rôle joue l'imagination dans cette voie. Il faut de meilleures preuves pour accuser un homme, comme Fénelon, de délation, de duplicité, avec cette aggravation que le but suprême était de perdre de malheureuses femmes au profit de l'ambition d'un ecclésiastique, auquel ne manquaient certes ni les talents, ni les amitiés pour faire son chemin autrement. « Aussi en attendant des preuves péremptoires, nous nous bornerons à penser que l'accusateur a fait abus de cette logique soupçonneuse qui peut servir à découvrir des coupables, mais qui sert aussi à en inventer (i). »
M. Douen suit Fénelon dans ses missions en Saintonge ; il y a, dans cette période, des documents signés. Nous pouvons mieux discuter cette question de la tolérance. La. tolérance est le respect de la conscience humaine qui devient le juge sacré de nos actions. Ce tribunal prononce-t-il toujours infailliblement? Les passions ne jettent-elles pas un voile sur ce qui est vrai, juste et bon? La conscience mérite-t-elle ce respect tant vanté? Oui, quand même la conscience se tromperait, il faut la respecter. Si des hommes, rois, évêques, empereurs, ministres ou moines furent, dans la suite des temps, assez imprudents pour violenter l'asile inviolable et sacré de la conscience, il est de la dignité humaine de venger ces abus de pouvoir.