‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 5 sur 250 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

la froideur qu'il a "rencontrée ailleurs ; il sourit de knn à la femme qu'il aime, à l'enfant qu'il chérit, si beau avec ses grands yeux, son front pur. ses belles boucles de cheveux. Et puis, pas un sourire, un regard mort, des yeux mouillés de larmes. « Le mari trouve la maison plus grande et plus vide. Sa femme est devenue tout autre ; présente, elle a l'esprit absent; elle agit comme n'agissant pas, elle parle comme ne parlant pas. Tout est changé dans leurs habitudes intimes, toujours par bonne raison : « Aujourd'hui, c'est jeûne. — Et de- 1 main? — C'est fête. » Le mari respecte cette austérité ; il se ferait un scrupule de troubler une si haute dévotion, il se résigne tristement : « Cela devient embarrassant, dit-il, je ne « l'avais pas prévu ; ma femme devient une sainte (i). » Un être invisible est là à table entre le père et le fils, entre la femme et le mari, cet homme, c'est le directeur. » Cette page est triste et fausse. Elle peut être vraie, si le directeur est un coquin — honni soit qui mal agit — ou un maladroit ; mais Michelet avait trop d'esprit pour croire qu'un vrai directeur guidait cette famille. Ce ne sont pas là les préceptes de l'Église. Obéissez à vos maris, femmes, dit-elle, soyez l'ornement de votre demeure, rendez le foyer agréable. Charmez le cœur de cet homme qui vient lassé et un peu aigri par les luttes du dehors, dont le front garde encore la trace des soucis du jour et laisse pressentir ceux du lendemain. Un regard affectueux et souriant, une main prête à serrer la sienne, une parole du cœur, c'est ce qu'il attend et voilà de quoi lui faire un beau soir après les journées les plus orageuses. Nous sommes loin du sombre logis de Michelet. « Comme le soleil, dit la Bible, est l'ornement de l'univers, ainsi la femme vertueuse est l'ornement de la maison. » Le monde rend un hommage attendri aux sentiments qui la font agir.

Ailleurs, Michelet ne trouve dans la direction de conscience que le moyen de pécher plus librement. « Ces faibles âmes

Page 1