I. Michelet, Le Prêtre, p
XVI FENELON DIRECTEUR DE CONSCIENXE
de femmes, après la corruption du xxif siècle, incurablement gâtées, pleines de passion et de peur, de mauvais désirs parmi les remords, saisirent avidement ce moyen de pécher en conscience, d'expier sans amender, sans amélioration ni retour vers Dieu (i). »
Ces cas peuvent se présenter sans doute, mais ce n'est pas la règle. Les meilleures choses peuvent se gâter. Parce qu'on abuse de la liberté, faudra-t-il la supprimer? parce que tous les malades ne guérissent pas, faut-il condamner la médecine ?
Le directeur ne corrigera pas en quelques jours des défauts invétérés, des vices anciens. Et qui donc oserait rire de la faiblesse humaine ? Un homme quittera son directeur plein de bonne volonté, après avoir librement promis de ne plus retomber dans la même faute ; il a vu soudain le calme renaître dans son âme agitée, il s'est cru fort comme un roc. Demain une vague a renversé le frêle navire qui portait ses désirs et ses volontés. Il re verra le directeur, tranquille il est vrai, mais plus humble, il lui fera les mêmes promesses pour retomber encore. La direction de conscience est cause de ces chutes successives ? mais vous ne voyez donc pas comme l'homme est fragile.
Et ces âmes de femmes du xvu'^ siècle ne furent pas si faibles que paraît le croire Michelet. Mme de Longueville, la princesse Palatine, La Vallière étaient-elles de faibles femmes qui expièrent sans amender, sans retour à Dieu ?
Duchesse de Vaujours, Mme de La Vallière resta trente-six ans, sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde, dans les sombres murs du Carmel. La Palatine savoura les rigueurs austères de la pénitence et, au plus fort de ses maladies, elle se reprocha d'avoir demandé quelque soulagement. Mme de Longueville chercha dans la rude école janséniste un moyen d'effacer les traces de ses premières années.
Les objections de Michelet ne sont pas bien sérieuses.