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LK MYSTICISME DE FKNELON : HISTORIQUE

cent XII et les cardinaux furent émus de cette grandeur d'âme. Bossuet lui-même, qui trouvait d'abord « beaucoup d'ambiguïté et de faste » dans cette soumission, changea de ton devant l'approbation universelle: « Malgré les défauts du mandement de M. de Cambrai, je crois que l'on doit s'en contenter, parce qu'après tout l'essentiel y est, et que l'obéissance y est pompeusement étalée. »

L'évêque de Chartres écrivait à Fénelon (avril 1699Î : « Je suis ravi de la soumission parfaite que vous témoignez », ajoutant « qu'il l'avait toujours attendue de sa piété ». M. Tronson écrivait à l'évêque d'Arras qui lui avait envoyé le mandement : « II faut avouer que la soumission du prélat est édifiante. Elle ne peut être plus entière, plus absolue, avec moins de réserve. » La Relation de l'assemblée du clergé de 1700 reconnaît dans cette soumission « l'effet naturel de Xhînnilïté chrétienne et de la subordination ecclésiastique ».

Nos modernes critiques sont plus exigeants que les contemporains de Fénelon.

M. Lanson (i ) prétend que « dans son mandement, il condamne son livre par obéissance, mais qu'il n'adhère pas à la condamnation : il l'embrasse comme wviÇ.croix, mais une croix, dit Bossuet, c'est une persécution pour la justice ».

M. Crouslé (2) s'élève contre la légende qui l'a couronné d'une auréole « pour son désintéressement et sa patience angélique. » Parlant de sa soumission, il dit que « Fénelon eut assez d'empire sur lui-même pour remplir ses engagements qu'il exécuta, sinon de bonne grâce, du moins avec son air habituel de supériorité. Si ce fut un rôle qu'il joua, il le soutint en artiste éminent. » Plus loin, il dit que « nous ne trouvons, en

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