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II

Le nom de Quiétiste, très honorable dans l'orig-ine (2), servait à désigner des hommes séparés du monde et livrés au repos de la vie contemplative ; devenu odieux par l'abus qu'on en a'fait, ce nom est réservé à « ceux y qui, sous prétexte de contemplation et d'union à Dieu, se livrent à une honteuse inaction ou, du moins, cessent de produire certains actes, commandés de Dieu et essentiels à la véritable piété ».

Le quiétisme est une erreur plus ancienne que le christianisme. Les Védas exposent les maximes du plus dangereux quiétisme; tel ouvrage, l' Onpnek' hat , compilation en langue persane de ces livres sacrés, renferme des passages que Molinos semble avoir copiés, tant le rapport est frappant.

La philosophie néo-platonicienne renouvela la même doctrine, reproduite sous des formes abstraites. La perfection de l'homme, dès cette vie, consiste dans la contemplation de l'absolu de Dieu et dans une intime union avec lui. Ammonius Saccas, Plotin nous révèlent avec enthousiasme cette ivresse del'àme.

Le quiétisme de l'Ecole d'Alexandrie pénétra dans la religion chrétienne sous différentes formes ; mais, par-

I. Instruction sur les États d'O raison, W-^xo. IX, n. 4. 1. Les sophistes, les rhéteurs furent aussi à l'origine des personnes dignes de respect avant de tomber dans un dénigrement bien mérité.

tout, ce fut le même principe d'erreur : mettre la perfection dans une prétendue contemplation, qui réduit l'àme à une véritable inaction.

Il ne sera pas inutile, au début de cette question, d'énoncer la doctrine mystique autorisée en face du faux mysticisme. Là, plus que partout ailleurs, qui ne distingue pas confond ; les conséquences sont fatales aussi bien pour la piété que pour la liberté.

a) Les vrais mystiques enseignent que l'acte de contemplation peut durer quelque temps, plus ou moins, selon la disposition habituelle de l'âme et, surtout, selon la force de la grâce. Les faux mystiques ont prétendu que cet acte pouvait durer des années entières, >/ et même toute la vie, sans nul besoin de réitération, perfection incompatible avec la fragilité de notre nature ( i^.

i^) Les vrais mystiques enseignent que le regard amoureux de Dieu, étant un acte de la pure charité, contient tous les actes de religion, sans pourtant nous décharger de l'obligation de les produire d'une manière J plus expresse, au temps convenable. Les faux mystiques prétendent que les vrais contemplatifs sont dispensés de tous les actes explicites distingués de la charité, de toute réflexion sur eux-mêmes (2).

y"» Les vrais mystiques enseignent que la plus parfaite contemplation est celle qui regarde la nature divine selon les notions les plus générales et les plus abstraites, comme celles d'être, de vérité, parce que ces idées représentent mieux la perfection de l'Etre divin et excitent davantage l'admiration de l'âme contemplative. Ils reconnaissent, toutefois, que tout objet de la foi peut être l'objet tle la contemplation.

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