‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 67 sur 250 · Ibid., livre IV, n. 3. — Livre X, n · texte numérisé non relu

Ibid., livre IV, n. 3. — Livre X, n

IO| FENELOX DIRECTEIR DE CnXSCIENCE

des Bég"uards, héritiers des Gnostiques, au concile de Vienne. Quelques propositions condamnées montreront la doctrine funeste et impie qui se cachait sous les dehors d'une piété extraordinaire :

L'homme peut acquérir, dès -cette vie, un tel degré de perfection, qu'il devienne impeccable et ne puisse plus profiter en grâce.

Dans l'état de perfection, on ne doit plus jeûner ou prier. Dans ce même ^tat, on est affranchi des lois ecclésiastiques, des lois humaines et même des commandements de Dieu. L'exercice des vertus n'est que pour l'homme imparfait; l'âme parfaite en est exempte,

Molinos était un saint prêtre espagnol qui, loin de scandaliser les prélats romains, était pour eux un objet de vénération. Sa vie exemplaire, ses mœurs pures, sa piété surhumaine, lui avaient conquis l'admiration de tous ses contemporains et du Pape lui-même. Innocent XL Ce serait une preuve que les ouvrages des hommes sont quelquefois plus mauvais que les hommes eux-mêmes, et que les plus pieux chrétiens peuvent, sans le vouloir, en vertu de théories les plus innocentes, par la seule force des conclusions syllogistiques, renverser l'édifice élevé par le Christ et confié à la garde de Pierre.

La doctrine de Molinos peut se résumer en (quelques propositions :

La ]:)erfection de l'homme consiste, même dans cette vie, dans un acte continuel de contemplation et d'amour; cet acte, une fois produit, subsiste toujours pourvu qu'il ne soit pas expressément révoqué.

L'àme ne doit plus réfléchir, ni sur Dieu, ni sur ellemême, ni sur aucune autre chose; elle doit anéantir ses puissances, pour s'abandonner à Dieu totalement et • demeurer devant lui comme un corps sans âme.

L'âme ne doit plus avoir aucun désir des vertus,

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ni de sa propre sanctification, ni même de son salut, dont elle doit perdre l'espérance.

Dans cet état, la pratique de la confession et de toutes les bonnes œuvres extérieures est inutile et même nuisible, parce qu'elle détourne l'àme du parfait repos de la contemplation. Dans l'oraison parfaite, il faut demeurer en qtLi'étude, dans un entier oubli de toute pensée particulière, même des attributs de Dieu, de la Trinité, des mystères de Jésus-Christ. Le libre arbitre étant une fois remis à Dieu, avec le soin et la connaissance de notre àme, il ne faut plus avoir aucune peine des tentations, ni se soucier d'y faire aucune résistance positive.

Ce quiétisme grossier, condamné par Innocent XI, reparut avec Mme Guyon,plus délicat et plus spirituel. Cette femme, qui parlait, dit le P. d'Avrig-ny, mieux que personne des choses de Dieu, eut toujours des intentions très pures , contrairement aux calomnies atroces par lesquelles on a tâché de la flétrir. La protestation qu'on lit à la tête de son testament est d'une âme calme, digne, éloquente! i ). L'Eglise, gardienne vigilante de la foi, est le juge des doctrines même inconscientes ; elle condamna ce nouveau quiétisme. On peut le résumer ainsi ; La perfection de l'homme, même dès cette vie, consiste dans un acte continuel de contemplation qui, une fois produit, subsiste toujours, à moins qu'on ne le révoque expressément.

Une âme, arrivée à cette perfection, n'est plus obligée aux actes explicites distingués de la charité ; elle doit supprimer tous les actes de sa propre industrie, comme contraires au parfait repos en Dieu i 2 j.

L'àme doit être indifférente à toutes choses pour le corps et pour l'âme (3).

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