I. Cassien, Coll. <;, cap
même nourriture qu'auparavant ; quand elle ne trouve de facilité que dans la présence simple et amoureuse de Dieu, quand elle n'a de goût que pour le recueillement. Une âme, toutefois, doit revenir à la méditation, si son directeur le juge à propos, pour l'éprouver, et si son attrait pour la contemplation vient à cesser ( i ).
Ils erraient ces faux mystiques, quand ils soutenaient que l'oraison perpétuelle des parfaits consiste dans un acte continuel de contemplation et d'amour ; ils confondaient cette contemplation pure et directe, prise dans ses actes les plus parfaits, avec l'oraison perpétuelle que le Christ nous recommande, quand il veut que notre oraison soit sans mleri'-tiptwn. (Saint Luc, XVIII, I.) Cette oraison n'est que l'état habituel d'une àme qui fait toutes ses actions délibérées pour Tamour de Dieu. (I Corint., X, 31.)
ji) L'état de la plus haute perfection, la vie unitive, n'est que l'état habituel de ce pur amour (2).
Nous connaissons les trois états des justes sur la terre : celui des esclaves, celui des mercenaires, celui des enfants. Fénelon remarque que l'amour de Dieu est dominant dans chacun de ces états, puisque l'âme est dans l'amitié de Dieu ; dans le premier, l'amour est mélangé d'un reste de crainte; dans le second, d'un reste de propriété ; le désintéressement parfait ne se trouve que dans le troisième état.
L'illustre archevêque regardait cette distinction comme très importante et, dans la pratique, conduisait les âmes selon leurs forces, ne décourageant jamais les
1. Une relijjieuse d'un couvent de la Visitation de Paris que j'ai interro çte sur l'oraison passive me disait, comme les mystiques l'ensei>'"nent, qu'elle commençait son oraison par la méditation et que, peu à peu, selon l'attrait de la grâce, elle cjuittait le raisonnement pour la vue amoureuse du Christ, comme Marie aux pieds de Jésus.
2. Explication des Maximes, art. 2, 3, ^4. — liist. Fast., n. 1, 25 et suiv. — Rcp. à la Déclara, n. 41, 42, 43.