Amour de Dieu, livre IX, ch. 3-4. — 3. Ibid., ch
3. Explic. des Maximes, art. 7, 11, 15, 19, 20, 31-43. — Iiisl. Pasi., n. 13, 14, 17. — Rep. à la Décl., n. 28, 29, 35, 36, 37, 30. — Rép. au Summa Doct., n. 15 et addition de la fin.
LR MYSTICISML: de FICNELON : DOCTRINE II5
sensibles qu'elle ne demande de nous. C'est en ce sens que l'excitation doit être retranchée de l'état passif; car s'il s'agit d'une coopération pleine et entière à la grâce, l'excitation se trouve encore plus dans cet état que dans le degré inférieur. Cette coopération, pour être paisible et désintéressée, n'en est que plus réelle et plus efficace. T. es âmes parfaites combattent vigoureusement et paisiblement contre le péché, parce que l'esprit du Seigneur est dans la paix ; elles résistent en présence de Dieu qui les soutient.
L'état passif, en résumé, n'est passif que comme la contemplation passive, c'est-à-dire, qu'il exclut, non les actes paisibles et désintéressés, mais seulement l'activité. Il n'exclut ni l'exercice distinct des vertus, ni les pratiques de piété, recommandées par les saints, telles que la prière vocale, la lecture spirituelle, la confession.
y) Le but des épreuves de la vie intérieure est l'entière purification de l'amour.
Dans V état passi'f, l'amour étant déjà purifié en grande partie par les épreuves des états précédents, les épreuves ont un caractère particulier qui les rend plus terribles à la nature et qui donne lieu à de plus pénibles sacrifices.
Dans les dernières épreuves, la séparation se fait entre la partie supérieure et la partie inférieure de l'âme ( i). Les sens et l'imagination n'ont aucune part à la paix et aux communications de grâce que Dieu fait à l'entendement et à la volonté. Jésus-Christ a été bienheureux sur la croix : il jouissait, dans la partie supérieure, de la gloire céleste, pendant qu'il était actuellement, par l'inférieure, l'homme de douleur, avec une impression sensible du délaissement de son Père,
La séparation des deux parties a lieu dans les épreuves communes : l'on voit souvent des âmes
I. Explic. des Maximes , art. 8, 9, 14, 17. — lust. Past., n. 15. — Rép. à la Décl,, n. 48, 49.
Il6 FÉNELON DIRECTEUR DE CONSCIENCE
jouir d'une grande paix, alors que l'imagination et les sens sont troublés par de terribles tentations. Dans les épreuves de \ état passif , le trouble des sens et de l'imagination est plus grand ; l'àme, attirée aux actes directs, ne peut pas exercer les vertus par des actes dïscîirszfs, qui pourraient consoler la partie inférieure.
Dans toutes ces épreuves, l'àme peut et doit résister aux mouvements de la partie inférieure, à moins qu'elle n'en soit actuellement empêchée par Ve'tat extraordinaire àç. possession ou d'obsession, qu'il faut supposer le moins souvent possible. Elle conserve le pouvoir d'accomplir les préceptes : elle ne perd ni la grâce prévenante, ni la haine du péché, ni la foi, ni l'espérance explicites ; elle ne perd que le goût sensible du bien, les actes discursifs et empressés; mais elle conserve réellement l'exercice de toutes les vertus distinctes dans les actes directs : ce que saint François de Sales appelle la pointe de l'esprit ou la cime de l'àme. Ce temps est très court et admet quelques intervalles paisibles.
Dans ces dernières épreuves, l'àme semble faire le sacrifice de sa béatitude éternelle ( 1 1. L'àme s'imagine qu'elle est justement réprouvée de Dieu.
Dans les épreuves ordinaires, l'àme fait à Dieu le sacrifice conditionnel de sa béatitude éternelle, en tant que cette béatitude est un bien créé, sans renoncer à l'amour divin. Saint Paul, Moïse, d'autres saints, même en dehors des épreuves, ont fait cet acte d'amour: O mon Dieu, je souffrirais la privation de la gloire éternelle, si, par impossible, vous étiez plus glorifié en me tenant dans une éternelle souffrance.
Dans les extrêmes épreuves, les saints, la bienheureuse Angèle de Foligni, saint François de Sales, ont
I. Explic. des ^faximcs, art. lo. — Iiist. Past., n. lo. — Rép. à la Dccl., n. .21, 22, 23, 47 et oj.