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L'AME DIRIGÉE PAR FÉNELOX

« liberté, dit saint Paul, ne vous soit pas une occasion, « ni un prétexte de faire mal (i). »

Les âmes qu'il dirigeait ne penchaient pas vers cette trop grande liberté, mais plutôt vers la contrainte, l'excès opposé; aussi nombre' de ses lettres ne tendent qu'à dilater le cœur : « Si à cette volonté sincère de faire toujours ce qui nous paraît le meilleur aux yeux de Dieu, vous ajoutez de le faire avec joie, de ne se point abattre quand on ne l'a pas fait, de recommencer cent et cent fois à le mieux faire, d'espérer toujours qu'à la fin on le fera, de se supporter soi-même dans ses faiblesses..., de ne point faire sur nos chutes une multitude inutile de retours qui nous arrêtent, qui nous embarrassent l'esprit et qui nous abattent le cœur. . , de ne point interpréter tout contre nous avec une rigueur littérale et judaïque... voilà le chemin de la véritable liberté (2). »

Montrer un visage égal et un cœur gracieux à tous les devoirs et à toutes les croix, faire naître, grandir et soutenir l'amour de Dieu, c'est toute la sainteté.

Que de fatigues, de froissements de volonté pour arriver à ces hauteurs désirées! L'àme s'étonne de ne pas toujours trouver des douceurs dans la prière ; il faut lui apprendre que la perfection de l'amour est d'aimer sans espérer de consolations; voici une page de fine psychologie où la clarté du style et la vérité d'observation sont remarquables : « Qu'est-ce que vous voulez aimer? Est-ce le plaisir de l'amour ou le bien-aimé? Si ce n'est que le plaisir de l'amour que vous cherchez, c'est votre propre plaisir et non celui de Dieu, qui est l'objet de vos prétentions... On se flatte de chercher Dieu, et on ne cherche que soi dans le culte divin. On ne quitte les plaisirs du monde, que pour se faire un

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