L'AME DIRIGEE PAR FENELON
nous corrig'er. Il faut désespérer de notre cœur et n'espérer qu'en Dieu : i i. »
L'âme, docile à ces enseignements de la piété la plus vive et la plus éclairée, comprend mieux la vie religieuse ; elle grandit, elle ne regarde plus à la substance des choses qu'elle fait, mais à leur valeur, puisqu'elles sont voulues de Dieu. « Les actions les plus indifférentes cessent de l'être et elles deviennent bonnes, dès qu'on les fait avec l'intention de s'y conformer à l'œuvre de Dieu. Souvent même, elles sont meilleures et plus pures que certaines actions qui paraîtraient beaucoup plus vertueuses, parce qu'elles sont moins de notre choix et plus dans l'ordre de la Providence, lorsqu'on a besoin de les faire ; parce qu'elles sont plus simples et moins exposées à la vaine complaisance ; parce que, si on les prend avec modération et pureté de cœur, on y trouve plus à mourir à ses inclinations, que dans certaines actions de ferveur, où l'amour-propre se mêle ; enfin, parce que ces petites occasions reviennent plus souvent et fournissent une occasion secrète de mettre continuellement tous les moments à profit (2). »
L'àme dévote chante le cantique de l'amour : Mon Père, que votre volonté soit faite et non la mienne ; c'est le terme de la perfection. Pour l'atteindre, il faut une énergie toujours en éveil. La vie du chrétien est un combat perpétuel. L'amour-propre peut dormir, il ne meurt jamais.
On pourra trouver cet idéal de piété peu élevé. Pourquoi tant d'efforts et si opiniâtres pour un résultat en apparence si chétif? Nous nous rappelons les vertus extraordinaires des saints. Sans sortir même du XVir siècle, tout près de Versailles, à quelques lieues