I. Œ. C, \1F1, p. 533. — 2. Ibid., p
de Paris, les religieuses de Port-Royal avaient une autre attitude. Quand on se rappelle les discussions profondes de Fénelon et de Bossuet sur les délicates questions de l'amour pur et désintéressé, de la contemplation, de l'oraison passive, on peut s'étonner de cette direction si simple. Ce n'est peut-être qu'une erreur d'optique; cette liberté d'esprit, cette paix du cœur, ces joies où nous convie Fénelon peuvent nous montrer une religion facile en apparence, mais est-il si aisé de renoncer à son esprit, de mourir à soimême, de supporter sans se plaindre toutes les croix? « ...Souvenez-vous que c'est le goût de votre esprit, que vous avouez que vous avez le plus de peine à sacrifier pour le soumettre à la grâce; c'est le point essentiel pour vous. Communiez, obéissez, renoncez à l'esprit (i). »
Fénelon d'un côté n'ignorait pas que, dans le monde et dans les cloîtres, il est des âmes ardentes qui aiment Dieu pour lui-même, sinon toujours, au moins souvent dans leur vie : il parla divinement de l'amour pur ; il savait que des cœurs de vierges pouvaient, dès cette terre, s'unir dans une pensée d'amour avec la Divinité et goûter ici-bas, pendant quelques instants, les joies prématurées du bonheur céleste, et il défendit la contemplation contre les attaques d'une science incomplète et contre les excès d'une fausse piété. D'autre part, il savait que la perfection commune suffit au salut, fondée sur l'observance des commandements de Dieu et des devoirs de son état ; aussi, dans les lettres de direction adressées aux personnes du monde, et ce sont les plus nombreuses, c'est cette perfection qu'il enseigne ; pour y arriver, il faut bien des brisements de cœur, bien des larmes et une volonté qui ne défaille point.