Œ. C, Vil, p
c'est avec une ardeur juvénile qu'il excita les hommes religieux à agir, à parler, à montrer par leurs actes que la religion est le soutien des nations. « La piété est utile à tout. » Il retient celiii-ci qui ne rêvait que solitude pour mieux se sanctifier ; il exhorte celui-là à se montrer bon soldat. Nous verrons quels conseils virils il envoyait au duc de Bourgogne, pour donner à la France un héritier de la piété et de la vaillance de saint Louis.
Fénelon, dira-t-on, qui recommande tant la liberté et Faction, laisse à 1 ame peu d'initiative. Voyez cette multiplicité de prescriptions. «Parmi beaucoup d'onction, de douceur, d'intelligence des choses de la vie, de conseils délicats et sensés pour en accommoder les nécessités avec une piété facile, dominent le raffinement, la subtilité sans bornes, l'excitation à une indiscrète curiosité de soi (i). »
Remarquons que le pieux directeur s'adresse à des femmes du monde ; il devait entrer dans des détails plus minutieux que s'il eût eu, comme Bossuet, affaire à des religieuses dont toutes les actions sont déjà réglées par la discipline de leur couvent. Cette critique de M. Nisard n'a qu'un tort, et un grave, c'est de contredire les maîtres de la vie spirituelle ; le grave historien eût fait preuve de sagesse, en s'abstenant de blâmer dans Fénelon, sous le nom de « multiplicité de prescriptions de raffinement, de subtilités », les moyens enseignés par les auteurs ascétiques les plus autorisés pour conduire les âmes à la perfection.
Fénelon obéit à deux principes : d'abord, il aime avant tout la netteté. A une religieuse souffrant de son ignorance et troublée par les avis peu déterminés qu'on lui donne, Ignace de Loyola écrivait (en 1536) : « Je p;ir-