‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 93 sur 250 · i:. ( ., VIII, p · texte numérisé non relu

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2. Citons quelques exemples : « i.'ahandon parfait va jusqu'à abandonner l'abandon lui-même. » Œ. ( ., \I1I, p. 578. Lettre loo". — Cette pensée peut paraître excessive, mais, par le contexte, il n'est question de n'abandonner que l'amour-propre qui se complairait trop humainement à la pensée d'abandonner tout le reste. — «Le parfait amour... est content de souffrir sans savoir qu'il souffre bien et à" aimer sans savoir qu'il ainu. » Œ. C, \'III, p. 50.V Lettre uji'. Ici savoir n'est autre chose que sentir.

dans les biens que l'on possède, et une tendance à rapporter à son propre mérite ce que l'on tient de la libéralité divine ; plus souvent, une aberration qui fait qu'on s'attribue des qualités imaginaires. « C'est, dit Bossuet, ce vice qui s'est coulé dans le fond de nos entrailles, à la parole du serpent qui nous disait, en la personne d'Eve : Fous serez comme des dieux. Et nous avons avalé ce poison mortel, lorsque nous avons succombé à cette tentation. Il a pénétré jusqu'à la moelle de nos os et toute notre âme en a été infectée... C'est le vice radical d'où pullulent tous les autres vices, il se montre dans toutes nos actions. Mais ce qu'il y a de plus mortel, c'est qu'il est la plus secrète comme la plus dangereuse pâture de notre cœur(i).» Pourquoi le cœur de l'homme est-il un champ d'une fécondité si surprenante pour les mauvaises choses ? C'est que l'orgueil a jeté là ses profondes racines, elles s'y trouvent presque partout, quoique souvent elles soient imperceptibles ; quelque bonne que soit la semence que vous ayez jetée, ne vous y fiez pas : pour peu que celui qui doit cultiver ce champ lui refuse son travail et le secours de sa main, il ne sera pas longtemps à se couvrir de ronces et d'épines.

Fénelon saisit l'amour-propre et ses déguisements partout, non pas dans les formules amères d'un La Rochefoucauld, mais dans une critique saine et complète. Les personnes qu'il dirigeait auraient voulu faire de grands pas dans la vertu, goûter les joies de l'amour de Dieu; le pieux directeur montre l'amourpropre qui se cache dans ces désirs impatients : « Il ne faut point vous décourager ni par l'expérience de votre faiblesse, ni par le dégoût de la vie agitée que vous menez... Le découragement ne remédierait à rien,

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