I. CE. C, VII, p. 326. — 2. Ibid., VIII, p
Qui mieux que lui a dépeint la Cour et la vie ag-itée des courtisans : « Versailles ne rajeunit pas de même; il y faut un visage riant, mais le cœur ne rit guère. Si peu qu'il reste de désirs et de sensibilité d'amour-propre, on a toujours ici de quoi vieillir ; on n'a pas ce qu'on veut; on a ce qu'on ne voudrait pas. On est peiné de ses malheurs et quelquefois du bonheur d'autrui; on méprise les gens avec lesquels on passe sa vie et on court après leur estime. On est importuné, et on serait bien fâché de ne l'être pas et de demeurer en solitude. Il y a une foule de petits soucis voltigeants, qui viennent chaque matin à votre réveil et qui ne vous quittent plus jusqu'au soir : ils se relaient pour vous agiter. Plus on est à la mode, plus on est à la merci de ces lutins ! i ). » On ne peut peindre avec plus de grâce. Les petits soticis voltigeants sont de ces images insensibles qui naissent spontanément, mêlées aux observations fines et profondes qui échappent sans effort à Fénelon dans la rapidité de cette nombreuse et multiple correspondance.
Le monde est plein de scandales, d'hypocrisies et d'égoïsme; Fénelon le dit bien haut pour préparer l'âme à la lutte et à la paix : « Il y a, à la vérité, peu de bien, mais on y en voit pourtant, et cela nous porte de soi-même à en remercier Dieu qui en est l'auteur... Le mal y est grand. . . Si peu que vous ayez d'amour du bien, vous en avez horreur sitôt que vous le voyez... Ce qui est de plus dangereux, c'est qu'il y a de certains maux dont on a moins d'horreur et dont le monde est accoutumé de rire ; il y en a même dont on fait son divertissement... vous devez pour lors gémir dans votre âme, de voir que des enfants de Dieu puissent prendre plaisir à des choses qui ont causé à Jésus-Christ une tristesse