‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 98 sur 250 · lll,p · texte numérisé non relu

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croix. Jamais moraliste n'a tant respecté les individualités. Il ne jette pas, comme le «^rand Corneille, ses personnages devant un devoir douloureux avec ces trois mots : « meurs ou tue » ; il laisse à l'àme assez d'initiative. Aimez Dieu, dit-il à ses correspondants, soyez pauvres en esprit. Il s'arrêterait volontiers à ces formules brèves. Ce n'est que peu à peu qu'il donne des conseils plus spécifiques; il dirige, il ne conduit pas. Il ne faut pas, en effet, sous prétexte d'initiative, laisser l'àme incertaine et anxieuse devant les difficultés de la vie; pas plus qu'il ne faut faire un automate de cet être intelligent et libre. Qui n'a connu ces pédants de la morale ? Tout devient une abstraction. Où est la réalité.'' Celui-ci condamne la danse, celui-là le jeu. Et rien de plus. Fénelon proportionne les conseils aux situations de chacun ; il note les devoirs de la vie, les circonstances qui font notre existence particulière. S'il recommande de supporter les souffrances quotidiennes, il entre dans quelques détails. Il indique la manière de supporter les dérangements de chaque jour : « Dans le moment où vous allez faire votre prière et votre lecture, il survient une personne du dehors, qui ne vient jamais à cette heure, qui a une vraie affaire avec vous, avec qui vous n'êtes point sur le pied d'une liberté assez grande pour la renvoyer à une autre heure, et qui serait raisonnablement choquée, si vous le faisiez; il ne faut pas douter. Madame, que vous ne deviez quitter vos exercices de piété pour remplir ce devoir ; mais en ce cas, il faut tâcher de reprendre sur quelque autre heure de la journée ce que vous avez perdu à cette heure-là, comme on dîne à deux heures, quand une compagnie, survenue àcontre-temps, a empêché de dîner à midi( i). » Fénelon a si grand soin de rendre ses avis praticables

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