‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 99 sur 250 · I. Œ. C, VIII, p. 598. A Mme de Gramont · texte numérisé non relu

I. Œ. C, VIII, p. 598. A Mme de Gramont

qu'il indique même les moyens matériels de les suivre, l'heure, le lieu le plus favorable pour les mettre en pratique. Il conseille le recueillement, l'oraison, et désigne le meilleur moment, le matin, dans sa chambre. « Tenez ferme, retranchez-vous, surtout le soir, pour vous préparer une matinée plus libre; mais quand la Providence vous entraîne dans des embarras inévitables, ne vous troublez point (i ). »

Ces minutieux conseils, il semble qu'ils ne peuvent partir que de la même sollicitude qui les faisait noter. Fénelon a connu la vie pour la peindre si exactement. La morale de sa correspondance est plus pratique que théorique. Jamais directeur n'a mieux suivi l'àme confiée à ses soins. Ses Lettres ne s'adressent qu'à de grands personnages de la Cour et de la ville ; et déjà la variété des préceptes est étonnante. Nous connaissons assez Fénelon pour nous imaginer les conseils qu'il donnait à son peuple dans ses visites pastorales, loin de Cambrai, ou dans ses promenades dans les environs de la ville, qu'il faisait à pied avec l'abbé de T^angeron. L'esprit de François de Sales, dont il était pénétré, charmait les auditeurs ; l'onction, la grâce, la bonté renouvelaient les prodiges de l'évêque de Genève.

Le recueil des T>ettres spirituelles nous offre une collection de portraits particuliers, comme la Littérature française n'en a point d'autres. Fénelon y déploie toute la profondeur de son observ^ation. On y sent tout le prix (ju'il attachait à la paix du cœur par les dévelopi:)ements ({u'il donne à certaines lettres, par les analyses délicates des maladies psychiques, par les remèdes distribués avec tant de grâce et de patience.

A l'inverse des âmes, dirigées par saint François de Sales, ces âmes, tjui vivent d'une vie si intéressante, si

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