T. V, Lettre II, p
3. Il s'a^t évidemmenl ici de la dncriptian d'un état intérieur, comme le montre le premier paragraphe de la réponse de Féoeloo.
A. On désigne uns doute ici le Père Lacombe, ou un ancien directeur de Mme Guyon.
5. Cf. Vie de Mme Gnjon, III' partie, cbap. tiii, % 4 (t. tll, p. B3) : x Fait ce 31 d'aoAt i63S, âgée do quarante ans, de ma prison que j'aime et clioris el mon amour. — Je ferai des mémoires du reslo de ma vie, pour obéir, cl pour aclicver un jour, si 00 le juge i propos, a
n'ai eu aucune peine d*y écrire et mes misères et les miséricordes de Dieu, Les premières sont ce qui est à moi,^ et le reste est tellement à Dieu, que je n*y ai point de part. A présent que Dieu m*a ôté les personnes auxquelles j'obéissais ^ et qu'il me donne pour vous. Monsieur, une entière confiance, étant toujours plus convaincue que vous êtes la personne qui me fut montrée il y a huit ans ^, je vous prie, Monsieur, de me dire, si je dois conserver ou brûler c^que l'on m'a fait écrire ou continuer? Gela me serait, que je crois, encore plus pénible que jamais, à cause de l'extrême simplicité de mes dispositions, dont je ne puis plus rien dire ; je ne puis parler que des faits particuliers ou de ce qui s'exprime, qui est la moindre partie de l'état que je porte ; et encore j'ai si peu de mémoire que j'oublie ou j'use de redites. Si vous voulez bien m'honorer d'un petit mot de réponse, je vous prie qu'elle soit cachetée, et que l'on ne sache point ce que vous aurez décidé là-dessus. Je vous obéirai aveuglément, n'ayant rien de propre, et je vous promets aussi, ou de brûler votre réponse, ou de vous la renvoyer, et que le secret sera inviolable. Mes importunités seront rares, quoique mon estime et ma soumission soient continuelles : vous connaissez le caractère. J'ai des excuses à vous faire de vous avoir envoyé des papiers mal copiés et souvent sans sens, pour ne les avoir pas relus ^.
V. — FÉNELON A. M'"« GUYON ^ L'écrit que vous m'avez envoyé, Madame, m'a fait
1. Le P, Lacombc était enfermé à la Bastille depuis l'année précédente, ou peut-être déjà à Olcron. Cf. plus haut, p. lo, n. 4.