‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 107 sur 350 · T. III, Lettre Cil p «g »i · texte numérisé non relu

T. III, Lettre Cil p «g »i

3. C'esl, à ce qu'il semble Finirlan lui même Nous rGtrauvenms

plueKuis fois au dcliut de celte correspondsnce ces facona inipcrson dellcB de parler de Fénelon sans doute pour dépister les jndiscrelione

3. La perle .fej paissantes ou mort de loulej les fatuités do 1 ime e't décrite en détail pnr Mme Gu>on dans son commentaire de <aint Malhicu (OEairrej (omn/fKi cdit de 1700 t MIT I101} La

un certain travail sans travail^ (je ne puis m'expliquer aulrement), qui est une négation de tout, qui le mette en nudité et en \ide, et lui donne ce non-vouloir ^ qu'il a. Gela se fait en lui de cette sorte à cause des grandes lumières acquises, qui font qu'il entre aisément dans ce qui est le plus parfait. Il n'en est pas de même en nous autres qui ne savons rien : ni voie, ni moyen de nudité. Dieu nous a dénués, en surmontant notre opération par l'abondance de la sienne. Il arrivera sans cet ordre ; mais Dieu, avant ce temps, le mettra non dans la nuit active^, ou de négation; mais dans une nuit passive, qui sera une obscurité grande. Jusqu'à présent il a possédé sa voie et son anéantissement ; mais alors il sera réduit au néant, el il ne le saura pas *. Encore une fois, il n'y a rien à faire à présent pour lui. Il est bien, qu'il suive son chemin jusqu'à ce qu'on le lui bouche de pierres carrées,^. Ce que je vous dis ici est la vérité de son état, el la conduite de Dieu sur lui ; et vous le verrez. Faites de ceci l'usage que Dieu vous inspirera : car, pour moi, je

mort des puissances se fait par la privation de ce qui leur donne la vie... Le renoncement ou la mort de l'entendement s'opère par le détachement et par la perte de toutes les lumières ou acquises ou infuses, comme lui étant propres... Le renoncement ou la mort de la mémoire, etc. »

1 . Nous trouverons plus loin des formules analogues : vue sans vue, soin sans soin, courage sans courage, mouvement sans mouvement, etc. Ce sont des formules éminemment « quiétistes » , pour marquer la passivetc de l'àme jusque dans ses actions. Fénelon lui-même s'en servira ; cf. Lettres spirituelles , t. VIII, p. 568, d : « Courage sans courag humain. »

2. Sur le non-vouloir, cf. Justi/ications delà Doctrine de Madame de la Mothe-Guyon, édit. de 1790, chap. xv : Non-désir (choix, vouloir, tout est compris sous le nom de « désir »), t. I, p. 176-204. Cf. la définition, p. 197, note a : « Le non-vouloir et le non-désir vient de la même cause, qui est de la mort à nous-mêmes et de la vie en Dieu, ce qui se fait par amour et transformation de notre volonté en celle de Dieu. »

3. Cf. Lettre XXXVIII, p. gi : «mort active», la le.tlre suivante traitera précisément de cette nuit ou mort.

Page 1