‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 113 sur 350 · T. II, Lettre LVI, p. i6o · texte numérisé non relu

T. II, Lettre LVI, p. i6o

3. Fénelon, Lettre à une religieuse, Versailles , mars... : « Le plus grand bien qu'on puisse faire à une àme, c'est de la déprendre de ces lumières et de ces dons, qui peuvent être un piège, et qui tout au moins sont certainement un milieu entre Dieu et elle ï> (t. VIII, p.4&9,<i); cf. plu& loin. Lettres XXXVIII, p. 98, CIX, p. 281.

4. Sur cet emploi de l'infinitif substantif au xyii« siècle, cf. Haase, loc. cit., § 85 A, p. 206 ; cf. plus loin, Lettre XYI, p. 5a.

5. Les deux mots entre crochets semblent avoir été ajoutés, par Dutoit, pour rendre plus sensible la suite des idées.

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cela ? Dieu n*est-il pas autant dans cette manière que dans l'autre? Il est vrai qu'il est tout en tout^ ; mais, outre les moyens généraux pour toutes les âmes de loi, il y a des moyens spécifiques pour chaque âme en particulier ; et c'est ce qui lait voir la magnificence de Dieu et la raison pour laquelle il nous donne des guides, qui nous seraient peu utiles dans la voie de l'abandon et de la pure foi, s'il n'avait des moyens spécifiques et des volontés particulières sur chaque âme, lesquels moyens il veut qu'on leur déclare. Chacun a son attrait divin : le vôtre est et sera toujours la docilité et la petitesse, non seulement pour le général, ce qui vous sera fort aisé, étant disposé comme vous l'êtes, mais pour le particulier, exigeant de vous mille choses, et aussitôt ne les exigeant plus, afin de vous rendre souple, et que votre raison n'entre point dans la conduite qu'il tient sur vous. Il exerce chacun selon qu'il lui plaît; mais il veut exercer votre souplesse à l'infini. Tout dépend de là, et tout vous sera donné par là..

La souplesse s'exerce en deux manières, du iiaoins celle que Dieu veut très certainement de vous. La première, (envers lui), qui vous fasse toujours marcher par le premier mouvement sans mouvement^, en manière qui deviendra toute naturelle, suivant toujours votre chemin, et vous rendant au moindre signal, sansque la réflexion ou la raison du meilleur et plus parfait vous arrête. H n'y a de bon pour vous que ce que Dieu veut de vous. L'autre souplesse est un acquiescement non seulement de volonté (qui embrasse, sans vouloir répugner aux choses que l'on vous dit), mais de plus une docilité dans l'usage des choses, les faisant par petitesse, comme on vous les marque, à moins que vous n'eussiez au dedans un mouvement contraire ; je ne dis pas une raison contraire, mais un mouvement. Comptez donc que Tessentiel de votre état

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