‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 116 sur 350 · T. Il, Lcllrc CLYIII, p, m-ii^. dernier paragraphe, t. ^l · texte numérisé non relu

T. Il, Lcllrc CLYIII, p, m-ii^. dernier paragraphe, t. ^l

p. ÎIO-I.

3. D'après tout ce que Mme Gu^on dit ici de N., il ne saurait éXi que FéncloD lui-même.

i. Cf. Lellre VIII, p. 3i.

5. Cf. fragment d'autobiographie, p. & : a Ff . S. m'a fail comprendi lo gnnds dessuni qu'il a sur celte personne. »

44 FENELON ET M- GUYON

Ne vous étonnez pas de la joie et de la paix que vous goûtâtes l'autre jour avec moi. C'est une opération de Dieu, aussi bien que les autres que vous expérimentâtes. Vous en aviez besoin. La joie dilate, et la tristesse resserre le cœur*. C'est en quoi on se méprend, surtout dans cette voie, lorsque Ton veut par une composition extérieure retenir certains instincts et mouvements de joie, qui pourtant sont bien éloignés de cette joie sensible et toute naturelle des commençants, qu'il est bon de réprimer à cause de son impureté.

Il n est pas nécessaire que N. s'unisse à moi en distinction ^. Il suffit 'qu'il ne soit point opposé, et qu'il se laisse aller à ce je ne sais quoi, qu'il doit goûter, pour que mon âme ait toute liberté de se communiquer à la sienne. Dieu l'ayant voulu de la sorte, je m'en trouve bien, et en suis soulagée. O commerce des cœurs et des esprits sans l'entremise des corps, que vous êtes pur, simple, divin et digne de Dieu ! c'est ce qui rend les vrais enfants de Dieu un en lui. C'est ce commerce admirable que Jésus-Cbrist a apporté sur la terre par son Incarnation, qui fait que ce divin Verbe, s'écoulant en l'âme, la perd en lui, et la rend une avec autant d'âmes qu'il y en a de disposées à le recevoir. C'était ce que Jésus-Christ demandait pour ses disciples : Mon père, qu'ils soient un, comme nous sommes un^. C'est ce commerce qui sanctifia S' Jean dans le ventre de S^® Elisabeth. C'est une participation de la hiérarchie céleste, où les esprits bienheu-

1. Fénelon, Lettres spirituelles, t. VIII, p. SSg, d: « la crainte resserre le cœur, la tristesse 1 élargit. »

2. C'est-à-dire, d'une manière explicite, avec l'image particulière et précise de la personne. Cf. Fénelon, Lettre à la comtesse de Montberon du 1 3 janvier 1 708 : « Dieu vous a unie à moi et vous me trouverez en lui sans distinction » (t. VIII, p. 690, g) ; cf. encore Lettres spirituelles, t, VIII, p. 548, g : « Soyons donc unis, par n'être rien que dans notre centre commun, où tout est confondu sans ombre de distinction ».

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