‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 119 sur 350 · Fénelon · texte numérisé non relu

Fénelon

contente ; et passionné qu'il est de son divin objet, il n'a que du dégoût pour tout ce qui interrompt ou eni-pèche sa jouissance. Si cela est un effet de l'amour, c'est en même temps une marque de l'imperfection de l'amour, et que l'âme est encore bien vivante en ellemême. Celui qui aime parfaitement, n'aime parfaitement, que parce qu'il est entièrement mort à lui-même ; étant parfaitement mort, il est passé dans sa Fin ; et, élanl dans une union essentielle -, il est dans une possession qui ne peut être interrompue par l'embarras des créatures, ni distraite par toutes les alTaires possibles, parce que l'âme est au-dessus des moyens, et consommée

Mais, comme il ne s'agit pas à présent de cela, je n'en' dirai pas davantage ; je dirai seulement, que celte personne doit mourir a soi-même sur cet article, et recevoir avec égalité et mort toutes les diiïcrentes choses qui l'arrachent comme malgré lui h sa chère solitude, ne voulant uniquement pour soi que ce qu'il y a. quel qu'il soit. On croit souvent n'avoir plus (le penchants, quoique l'on en soit tout plein. On n'a plus de penchants aperçus, lorsque l'on n'est pas contrarie dans ses penchants : mais on en découvre facilement, sitàt qu'ils sont contrariés'.

Ce que je viens dédire', fait que l'âme tend continuellement au recueillement et à la retraite: et plus son attrait est violenté, plus il se réveille avec force. Dieu ie faisant de la sorte, afin que l'âme ne se laisse pas épancher dans les occupations, et qu'elle tende toujours à lui

ï- Cf. Lettr» Vlir, p, 33eto,

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