‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 121 sur 350 · Cf. Lettre XXXVIII. p · texte numérisé non relu

Cf. Lettre XXXVIII. p

4. Gomme on a pu le constater par la reprise de certaines exprei^ sions, cette lettre est une réponse à la précédente. Elle est suivie d'une poésie qu'on trouvera plus loin, Poésies, n« XVII, p. 867.

5. T. III, Lettre XGIII, p. 4i4-9 : dernier paragraphe, t. V p. aia-4.

Il ne vous faut point d'autre maître que l'eupûrience ; et vous en avez assez pour juger de ce que l'on vous dît. N'attendez plus de Dieu de ces violences extrêmes: 11 veut à présent de vous des sacriQces plus libres et plus volontaires, vous ayant donné assez de connaissance pour jugerlequeldcsdcuxestleplusavanlageux. devivrcàsoi,ou hors de soi. Quel intérêt ai-jc h tout cela que l'intérêt de Dieu et votre propre bien? Gherché-je quelque avantagel* 11 n'y en a point d'autre que la peine ; et, si je voulais abuser de la Tacilité des personnes, et m'attirer des partisans, je prendrais d'autres routes : mais il me sufGt que Dieu connaisse mon cœur, et ce qu'il me fait souffrir pour des âmes, qui, loin d'en avoir de la reconnaissance, n'en ont pas même la connaissance.

Il ne faut chercher que Dieu dans la créature, ou plutàt. Dieu en lui-mâcne, sans vouloir chercher dans celte créature (quoiquece soit), pours'appuyer: des traces de vertus, que Dieu a lui-même détruites, vertusà notre mode, et non à la sienne. Si nous regardons cela pour nous Qxer dans notre état, nous serons toujours trompés ; et Dieu ferait plutàt paraître en cette créature des défauts qui n'y sont pas, ou il en ferait naitre, pour nous tirer de cet appui. Allons, sans regarder le guide que Ton nous donne, ni le chemin'. Suivons Jésus-Christ,

1, CooKÎl quo FcncloQ reprendra iouvent sous uae aulrc forme :

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qui marche le premier, et la volonté divine, qui, quoique cachée en apparence, nous est très manifeste par le caractère imprimé dans le plus intime de nous-mêmes.

[Se perdre en Dieu, ce n'est point avoir une volonté droite, c'est n'en avoir plus.]

Pour moi, je ne vous demande rien : mon oRice est de vous faire voir Jésus-Christ, qui, s'étant précipité du haut faîte de la Divinité dans Tabîme du néant pour l'amour qu'il vous porte, vous invite à le suivre selon votre portée. Je vous le montre ; et c'est assez pour moi. Je vous dis qu'il vous appelle ; je vous apprends à entendre sa voix. Pouvez-vous dire en conscience que vous ne le connaissez pas, et qu'il est trop déûguré de la chute, que son amour lui a fait faire pour vous ? C'est parce qu'il est si fort défiguré, qu'il est comme un lépreux, que vous devez plutôt vous unir à lui, et ne pas conserver une vaine beauté, qui ne lui saurait plaire, si elle vous empêche de vous précipiter pour le suivre.

Vous me direz : je ne vois en vous nulle trace de la Divinité ! vous qui me parlez, vous êtes si fort défigurée*, que je tremble d'être comme vous. Ma laideur, vous répondrai-je,fait mon plaisir^ ; et si j'étais autrement, je

(( Marcher, comme Abraham, sans savoir où » ; cf. plus loin, Lettre du 17 juillet 1689, p. 3i3 ; mais il n'ira pas jusqu'à dire : « sans regarder le guide que l'on nous donne. » Cf. Lettre du 11 août 1689, p. 2 48 : « Le chemin m'est obscur, le guide m'est clair » ; cf. encore Lettres CXV, p. 298 et n. 3, CXXX, p. 819 ; Poésies, n» II, p. SSg.

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