S.ur celte formule, cf. Lettre VIII, p. 3i et n
2 . Terme de métaphysique mystique qui reparaîtra souvent dans les lettres de Mme Guyon et qui signifie représentations imaginatives ; cf. plus loin, Lettres XXXVll, p. 91, XLIII, p. 116, etc. ; cf. surtout. Lettre LXXI, p. 173 : « Un état lumineux en espèces, visions, représentations, extases, etc. » Cf. encore Mme Guyon : « Ces âmes (de foi) ne sont nullement imaginatives, n'ayant rien dans la tête, et tout se passant au dedans, étant parfaitement dégagées des fantômes et espèces » {De la voie et de la réunion de l'âme d Dieu, II, § i [Opuscules, édit. cit., t. I(, p. 337]).
3. Fénelon, Lettre à un seigneur de la Cour, t. VIII, p. 522, g : (( Pendant l'abondance de Tété, il faut faire provision pour les besoins de l'hiver. » Cf. aussi plus loin. Lettre XXVI, p. 72.
h. Math., XXIV, a ; Luc, XXI, 6.
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ïcmpie, DHii ue m [iiui[i oes nommes, uieu en etaoïira «n autre, qui ne sera pas bâti de la main des hommes.
Il ne faut pas croire que ce que Dieu fera dans l'intérieur gâte rien pour l'extérieur ; non, que cette personne ne le craigne point. Dien. ayant résolu de se servir de lui (comme je suis assurée qu'il a dessein de s'en servir pour le bien de son église), loin de renverser son extérieur, il l'établira toujours plus, et même d'une manière propre h satisfaire tout le monde ; et plus il se laissera à la divine sagesse, plus celle même sagesse accommodera-t-cUe toutes choses selon ses desseins sur lui. Qu'il ne craigne donc pas de se laisser pleinement k Dieu, car Dieu assurément se contentera d'éprouver le dedans, et de le renverser ; mais cela sera d'une manière que nulle créature n'en connaîtra rien. Dieu lui a donne un naturel élevé, et un esprit conforme à ses desseins, car Dieu dispose le naturel conformément à ce qu'il veut exiger des personnes, et selon ce a quoi il les destine.
Quoique Dieu fasse des miracles dans la grâce, il ne violente pas la nature pour la rendre autre qu'il ' ne l'a disposée lui-même. Sa divine sagesse commence pardonner les qualités naturelles conformes à ses desseins : ensuite de quoi, il perfectionne et purifie les mômes qualités, qui, étant devenues pures par le soin de sa sagesse adorable, sont rendues de pures capacités propres à tous les desseins de Dieu, sans que celui qui les possède en abuse, s'y attache, se les approprie, elc. Voilà ma pensée en simplicité sur la personne que vous savez, et que j'honore plus que je ne puis dire, parce que je comprends plus que je ne puis l'exprimer, les desseins de Dieu sur lui^, supposé qu'il soit fidèle non à faire et à agir, mais h se laisser en la main de Dieu ,
Car il faut se laisser à Dieu, afin qu'il se serve de
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nous, non à cause de nous, mais à cause de lui-même, qui ne peut envisager que sa gloire dans les desseins qu'il a sur les hommes. Et ainsi c'est lui dérober la gloire que se soustraire à son domaine, et c'est une fausse humilité que celle qui ne veut point se laisser conduire aux grandes choses comme aux plus petites. Le vrai humble ne prend rien pour lui dans l'élévation ni dans l'abaissement : il se laisse en la main de Dieu comme un instrument destitué de sa propre vie, quoique la remise qu'il fait à Dieu de lui-même soit l'acte le plus, parfait de la vie : il se laisse, dis-je, à Dieu de cette sorte, content de servir à ses dessseins les plus relevés, comme d'être rendu le plus inutile.
Dieu conserve ces personnes avec tout le soin ' de sa Providence, qui surpasse infiniment toute la prudence ; et, comme Dieu bénit toute chose et la manière de vivre on tout état et en tout lieu, il donne à ces âmes les différentes postures nécessaires pour agir conformément à la capacité des personnes avec lesquelles ils traitent, car le soin de Dieu est infiniment plus grand que le nôtre ; et nos mesures de prudence sont fort courtes au prix des desseins de sa sage Providence sur une âme qui lui est consacrée; et, lorsque nous aurons souvent cru le mieux réussir par nos soins, c'est alors que nous aurons moins de succès, parce que nos vues sont faibles, et que nous ne connaissons pas ce qui se passe dans le cœur.
Cette lettre ici* est plus pour lui, que pour vous. Mille saluts en Notre-Seigneur. Vous m'êtes toujours plus cher en lui, car il vous aime. Je vous assure que je ne puis aimer que ceux qui sont à lui : et je les aime d'autant plus qu'ils lui sont plus chers. La mesure de mon union pour eux est la mesure de l'union qu'ils ont avec Dieu ; et je vous assure que je n'ai ni mère, ni frère, ni
I. Vaugclas {Remarques, (klit. cit., t. II, p. 68) remarque qu'on dit plutôt à la Cour : cet homme ici^ et à Paris : cet homme-ci.
Il ne faut pas que votre ami vous attire, mais c'est ù vous èi l'attirer. La conversation nous rend semblables à nos amis, et il arrive souvent que celui qui est dans un. degré supérieur redevient égal, entrant dans les senli- . ments et manières, qui, quoique très solides et vertueuses, ne sont pas de saison pour nous. Je prie Notre-Seigneur de vous éclairer sur ce qu'il me fait vous dire. L'amour est délicat et jaloux. qu'il faut peu. qu'il faut peu pour nous tirer de la simplicité ! Ce n'est souvent qu'une bagatelle qui y est contraire, mais qui h la suite se grossit, et devient un obstacle.
Comme l'on devient toujours plus simplepar l'exercice de la simplicité, sitôt aussi que l'on s'en éloigne, pour entrer dans une prudence vertueuse, on perd insensiblement la trace ; et. en se fixant, on l'ait une perte irréparable, et l'on dérobe à Dieu une gloire iniinie : car ce n'est que de la bouebu des enfants qu'il reçoit une louange parfaite '. Cette vérité vous est si essentielle, et si fort le fondement des desseins de Dieu sur vous, que je donnerais mille vies', si je les avais, pour vous y faire entrer au point que Dieu veut : et depuis bier je suis dans un état de victime auprcs de Dieu pour cela.
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firalo (Math., Xll, i^ ; Marc. III.
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a. T. I. LettrcCI. p. 3>&.0.