Cf. p. loa, la Lettre XXXIX, à laquelle celle-ci répond
5. C'est déjà en quelque façon la distinction fameuse de Fénelon entre la partie supérieure et la partie inférieure de l'àme (^Explication des. Maximes, art. XIV, vrai, édit. cit., p. 122).
lOd FÉNELON ET M-« GUYON
tient à Dieu chez nous que ce qui n'est point né de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais^ de la volonté de Dieu * ; et comment la volonté de la chair, ou l'animale, s'élève souvent sur le débris de la volonté de l'homme ! Or c'est ce qui fait la peine, parce qu'à mesure que l'une (celle de l'homme), se détruit, l'autre (celle de la chair), se fortifie ; mais elle ne se réveille de la sorte, que pour contribuer à la mort de la première, sans quoi, cette première (de l'homme) ne mourrait jamais. Mais, comme par la destruction de la volonté de l'homme, celle (de la chair) est sapée par la racine, elle jette toute sa force au dehors, comme une branche qui reverdit séparée de son tronc, et dont toute la sève se jette en superficie ; mais ce dernier effort, qui semble la rendre plus verte, ne sert qu'à lui arracher le peu de vie qui lui restait. Ce sera une expérience, qui vous coûtera infiniment à faire.
Il faut une fidélité détruisante ^^, pour aller contre les répugnances de la nature ; mais il faut une fidélité et une souplesse infinie, pour suivre (l'inclination) de la grâce. Sans cette extrême souplesse, vous resterez toujours dans la volonté humaine, quelque amortie qu'elle vous paraisse ; vous serez toujours conduit par l'homme raisonnable, et jamais de Dieu seul. C'est de ceci que dépend tout, mais je dis tout le fond et le succès de votre état. Vous ne pouvez discerner les répugnances,, qu'en vous laissant conduire à Dieu^ purement. Vous trouverez par votre expérience une règle infaillible, qui est que, lorsque nous sommes encore beaucoup naturels,