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INTRODUCTION

plus tard : ce sont les mêmes goûts spirituels, les mêmes aspirations, la même doctrine. Dès 1689, en parlant du pur amour, de la sainte indifférence, du sacrifice de l'éternité *, il s'approche des formules mêmes, où il s'arrêtera huit ans plus tard dans ï Explication des maximes des saints. Pour lui déjà, le vrai christianisme c'est l'amoureuse liberté des enfants de Dieu, suivant son impulsion en toute souplesse et petitesse et humblesse d'esprit, sans motif intéressé et sans crainte servile, c'est ce haut idéal de sainteté affranchie, dont les Lettres spirituelles sont le manuel admirable. Dans les deux correspondances, c'est le même vocabulaire, parfois très spécial dans sa technicité mystique : âmes propriétaires, lumières outrepassées, non-volonté, petit-Maître, entre-deux, désappropriation, passiveté, etc., etc.^. Des citations, des maximes, qui reviendront avec complaisance dans ses lettres ultérieures, apparaissent déjà dans ces lettres de jeunesse : Aller par le non-voir, comme dit le bienheureux Jean de la Croix ^, — marcher, comme Abraham, sans savoir où *, — à chaque jour suffit son mal ^, — vouloir tout, vouloir rien^j etc., etc. Enfin, la langue, avec ses menues particularités de syntaxe^, la couleur et le ton du

I. Cf. plus loin, en particulier, la lettre du ii août 1689, p. aÛQ. — Sur un point spécial, l'éducation des filles, il y a concordance parfaite entre le Traité de 1687 et les lettres des 3 et 1 4 juin 1689, p. 1 5a et 168.

a. Cf. sur ces différentes expressions, l'index du vocabulaire mystique à la fin de ce volume.

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