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grande pureté, aussi bien que d'une délicatesse d'amour très particulière, vous ne vous tromperez point, car les murailles ^ (d'oppositions) ne seront posées que dans les lieux où l'on ne veut point que vous alliez. Cédez donc à la résistance, et cessez de vous conduire par la raison, et même par la raison éclairée, et vous irez bien. Quelque sage que vous soyez. Dieu est plus sage que vous. Son amour pour vous est égal à son pouvoir ; il ne vous laissera point faire de fausses démarches. Si vous en faites dans la suite, c'est que vous aurez douté et hésité avec S. Pierre, et que vous aurez voulu suivre une autre conduite, car il faut bien du temps pour être affermi dans celle-ci. Qu'il vous en coûtera, et que souvent vous retomberez dans votre première manière d'agir.
Dieu a fait tout ce qu'il fallait pour vous bien faire mourir, qui est, de vous conduire par la voie de la foi ; car, ayant l'esprit si délicat et la raison bien plus éclairée qu'un autre, il y aura bien à mourir. Il ne vous sera pas si difficile de le faire, tant que vous serez conduit par une foi savoureuse ^ ; mais ce sera, lorsque la nudité sera plus forte. Cependant, si vous vous accoutumez de bonne heure à suivre cette route, elle vous sera d'une extrême consolation, lorsque chez vous tout sera dans de plus épaisses ténèbres, parce qu'elle vousôtera les doutes et les hésitations, et vous fera aller au-dessus de toutes les incertitudes et des dangers même.
Sitôt que vous vous apercevez de quelque mouvement de propriété, il faut laisser tomber les choses ^, et vous laisser conduire en enfant, car c'est à ceux qui ne se
I. « Un aveugle marche toujours, jusqu'à ce que, trouvant une muraille qui le borne, il comprend qu'il faut aller par un autre endroit. » (Lettre XXXVIII, p. loo.)
3. La définition de cette foi en opposition à la foi obscure et nae est faite par Mme Guy on dans la lettre du 1 5 juin 1689, p. 172 ; cf. encore Lettre CXXIV, p. 3og.