Sur le conseil de Fénelon (Lettre du G avril, p. io
FENELON A M-»» GUYON H9
me semblait que quelque chose en moi ne le voulait pas. J*ai voulu passer outre, pour vous obéir, mais Dieu permit qu'il ne se trouvât pas prêt. Sur le soir, j*eus une certitude intérieure que j'étais guérie, et en même temps, je me sentis de l'appétit et une dilatation de cœur ; et je l'ai été en effet, mais de telle manière, que je me suis sentie toute forte. J'aurai quelque confusion de cela, à cause du lieu où je suis ^ Je me trouve toujours unie à vous intimement. Le samedi saint [9 avril]
Je me réjouis de la guérison ; mais, suivant le cours ordinaire, il ne faut pas compterqu'elle puisse d'abord être parfaite, et il est nécessaire de la ménager. Le moyen qui me paraît le meilleur, pour tout ajuster et pour éviter le scandale ', est de parler de ses infirmités et de prendre une bonne fois des mesures avec elles sur la décision du médecin.
Je me sens assez souvent irrésolu entre deux choses, ou entre faire et ne pas faire. Je vois des raisons des deux côtés. Et je ne sens aucun goût distinct. Alors que faut-il faire ? Faut-il prendre le parti qui gêne la nature? L'expérience de certains premiers mouvements*, que j'ai suivis, et où j'ai reconnu après beaucoup de propriété et de naturel me fait craindre