‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 179 sur 350 · Cf. Lettre XLI, p. 109 et n. i · texte numérisé non relu

Cf. Lettre XLI, p. 109 et n. i

d'agir sans raisonner. Puis mon raisonnement me met en incertitude. Dieu m'humilie. Ce 22 d'avril 1689 ^

Je crois, Monsieur, que dans les choses qui sont indifférentes, vous ne devez pas attendre une pente marquée ; mais faire hoiinement, sans beaucoup raisonner, ce que vous aurez à faire. Il y a certaines choses dans le train ordinaire, où il ne faut qu'aller tout uniment ; il y en a de plus de conséquence, et je ne doute point que dans celles-ci Dieu ne vous y conduise. Je persiste à croire que vous devez tenir cette conduite de pur abandon, et ne vous point étonner si la nature et la propriété s'y glissent : cela se purifiera à la suite ; et, en agissant simplement et sortant un peu de vous-même, vous éprouverez peu à peu que la grâce prendra la place de la nature; mais," si vous continuez d'agir par la seule raison, Dieu voulant vous faire perdre cette voie, vous resterez toujours de plus en plus flottant. Il faut remarquer, que souvent la nature et la propriété ne prennent leur part de la chose, que lorsqu'on l'exécute, ou après que la chose est faite : c'est une misère qui dure autant que notre propre vie.

Il vous sera très difficile de ne pas prendre le parti que je vous dis ^, parce que, Dieu ayant sur vous un dessein particulier, et voulant être votre principe uni-

1. Si la date donnée par Dutoit est exacte, il y aurait un intervalle de i3 jours entre cette lettre et celle à laquelle elle répond, tandis que pendant la semaine sainte les lettres se succédaient quotidiennement. Le départ de Mme Guyon pour la campagne en est peut-être la cause.

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