Texte de Dutoit: nuit; la a coquille » est évidente
W-ne GUYON A FÉNELON 485
vouloir quelque chose, je la garderais*. Lorsque je suis auprès de vous, je m*y trouve bien, ce qui me (ait comprendre qu'il n*y a chez vous nulle résistance; mais, comme je craignais que la lumière, que vous avez de la mort, ne vous portât à une nudité un peu active, et qui vous serait préjudiciable, autant qu'elle serait utile à un autre ; c'est ce qui m'a porté à vous écrire cela tout simplement. Une chose que l'on voudrait dilater avec etTort en recevrait du dommage. Il ne faut que laisser Faire celui qui vous aime, et qui prend en vous ses délices : cela se fera peu à peu, mais infiniment. Je ne prétends pas que vous soyez dans le sensible, cela est trop éloigné de vous, mais que vous receviez ce qui vous emplit, sans se faire une vertu de mort et de renoncement. Il pourra venir un temps, où Dieu ferait rejaillir de votre fond quelque chose sur les sens, pour les purifier et rehausser leur capacité : cela étant de Dieu ne serait pas impur et devrait être reçu comme le reste. Dieu met quelquefois tout en acte dans une simplicité divine, sans que cette action trouble le repos parlait : c'est le repos en Dieu même, on l'âme est rendue active et multipliée *, sans être moins simple et nue, et cela en participalion de la divinité : Dieu est simple et multiplié. Quoique ceci ne soit pas à présent de saison, il ne vous sera pas inutile ', car cela étonne quelquefois et fait que l'âme ne se laisse pas assez tôt à ce que Dieu veut, faute de lumière. Je vous écris bonnement mes pensées : et, qua:.d Dieu n'en tirerait point d'aulre effet que celui d'une aussi extrême petitesse, que celle que voi^s marquez, ce serait
I. C'est donc qu'ordinairement elle renvoyait à Fénelon ses lettres, après les avoir fait copier ; cf. Lettre XX VII, p. 7^ : « Si vous agréez d*y répondre un mot, on vous le renverra avec une extrême fidélité. » Cf. encore Lettre du 20 novembre 1689, p. Saô et n. i.
a. Sur l'opposition entre l'àme simple et l'àme multipliée. Cf. Lettre XCV, p. 235.
3. Cf. Lettre III, p. 22, n. i, et Lettre XCIX, p. 355 et n. /i.
beaucoup. Je suis en lui pour vous tout ce qu'il sait. Je vous prie que je sois de la conversation . Je vous assure que je serai unie à vous. Si vous y êtes encore, lorsque je ferai réponse sur Tentretien de M. S vous en saurez le résultat. Je vous prie de recommander tout au Seigneur. Ce 37 juin 1689^.