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a. Id., p. 191.
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194 FENELON ET M»'» GUYON
cette volonté. Il y a même dans cet amour un goût caché, que vous n'apercevez peut-être pas à cause de sa délicatesse, et qui est un très grand réveil pour la volonté : ce qui me fait voir, qu'elle n'est pas si sèche que vous dites, quoique la nudité vous la fasse paraître telle.
Il y a peu de personnes que Dieu se prépare comme vous, pour en faire ce qui lui plaît et pour vous manier à son gré. Il affaiblit chaque jour vos résistances et vosforces. Dieu tient continuellement votre cœur auprès du mien, et me fait connaître et goûter les opérations toutes d'amour sur vous, à mesure qu'il vous les cache à vousmême par un effet de ce même amour ; et, en vous les cachant et me les découvrant, il veut que je vous les dise. De sorte que j'ai un goût et une manifestation continuelle de votre cœur, sans que je puisse m'en divertir un moment non plus que de Dieu, qui n'est jamais séparé de vous ni de moi, et qui se manifeste d'autant plus à moi qu'il vous y manifeste davantage ^ ; si bien que, comme je trouve Dieu incessamment dès que j'entre dans mon fond, je vous y trouve d'une manière qui m'est très nouvelle, et fort intime, car quoique je vous fasse paraître beaucoup d'amitié, j'en ai encore plus ; et cependant je ne puis donner ce nom à ce que j'éprouve pour vous, à cause que cela n'est nullement sensible, ni dans ma volonté, mais c'est une chose qui est mise en moi avec agrément, et d'une manière si intime et spirituelle, qu'il est impossible de le comprendre sans expérience. Cela est cependant si fort, qu'il me paraît que je serais plutôt divisée de moi-même que de vous ; et en même temps si profond dans l'intime de l'âme, qu'il me paraît qu'en mourant je ne changerais point de disposition, et que je vous emporterais de cette sorte dans le ciel, où vous me seriez en Dieu là haut ce que [vous] ^