Cf. la dornirro note de la lettre précédente
196 FENELON ET M™« GUYON
de croire que Dieu vous anéantira avant de se servir de vous. Vous ne seriez pas sans cela propre à ses desseins. Je vous ai écrit un papier, que j'ai fait transcrire, et que M. de G [hevreuse] vous doit donner. Je suis convaincue que tout se fera chez vous en langueur et en faiblesse. Ainsi, plus vous serez languissant et faible en vousmême, plus Dieu saura tirer la vie de la mort. Pour les desseins. Dieu a mis en vous un fond incomparable pour Tabandon, et c'est tout ce qu'il faut. Ce n'est ni une disposition, ni une autre qui fait l'état, mais cette soumission continuelle plus aux volontés cachées qu'aux connues. Ce seront ces volontés cachées qui feront dans la suite votre supplice, car elles sont si cachées qu'elles ne se manifestent qu'après leur accomplissement. Je vous souhaite un bon voyage*. De la gaîté, au nom de Dieu^. Tâchez d'amuser votre langueur, et de soutenir votre corps par la joie. Les uns meurent par le glaive, et vous mourrez par la défaillance. L'enfance sera votre partage et succédera à la sagesse^.
Pour les âmes qui sont dans les tentations d'impureté, de désespoir et de blasphème^, je comprends que