‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 251 sur 350 · Texte de Dutoit : nourrir · texte numérisé non relu

Texte de Dutoit : nourrir

2. Sur ces protestations (robéissance de Mme Guyon; cf. Introduction, II, § I, p. XXXVKI.

FENELON A M«>« GUYON 211

lieu de craindre pour vous, que Dieu vous conduise d'une manière qui soit tant soit peu irrégulière ; car, quoiqu'il soit très bon que vous soyez aussi abandonné que vous ^l'êtes à ses volontés, je vous assure de sa part qu'il ne vous fera pas faire de fausses démarches. Si j'en ai fait quelques-unes, c'est parle défaut de mon naturel, c'est pour n'avoir pas assez suivi Dieu, quoiqu'il soit vrai, que l'on m'en ait beaucoup attribué que je n'ai point faites. Vous verrez bien dans la suite, que, si Dieu renverse quelquefois la fausse sagesse, il ne trompera point votre simplicité et votre abandon, et qu'il sera luimême votre sagesse ; je crois que vous ne risquerez rien à vous laisser emporter avec rapidité ; et, quoique vous le craigniez, ce sera votre voie, non une rapidité vive, mais une chose toute simple et naturelle. Vous êtes à couvert par votre bon esprit et sagesse naturelle, et l'expérience que vous avez des imprudences, que le manquement qui est en moi de toutes ces choses me pourrait faire faire. Croyez-moi en Notre-Seigneur à vous d'une manière que lui seul connaît. Ce serait bien à moi de vous faire excuse de vous tant importuner, et à vous remercier de votre charité ; mais je ne crois pas que cela fût bien : c'est trop l'air du monde. Ce 12 juillet 1689*.

Lxxxvii. — fenehon a m^^ guyon «

Je reviens de la campagne, où j'ai demeuré cinq jours', et où je me suis trouvé fort tranquille, quoique j'aie ressenti quelque petit mouvement de peine

Page 1